Telle la première à Saint-Jean-Pied-de-Port, la Gare du Midi de Biarritz était comblée mardi soir au sens propre comme au figuré devant le répertoire Itoiz Kantatuz. La procession colorée des 370 choristes est entrée telle une chenille vivante à travers les sifflotements du public déjà conquis. Car il n’était pas seulement composé des familles venues s’émerveiller de leur progéniture mais aussi des amateurs invétérés du groupe Itoiz.
Lui-même assurément amoureux du répertoire qu’il a soigneusement choisi et adapté, le chef de ch¦ur José San Miguel a mené d’une main de maître les 11 chansons entonnées par les élèves. Emporté par son enthousiasme, il dansait comme devant un concert d’époque.
Un écran géant chapeautait le ch¦ur de flash-back sur des images d’archives des années Itoiz qui alternaient avec des focus en direct sur le ch¦ur ou les musiciens. Ces derniers ont accompagné avec un grand talent les reprises du groupe phare des années 80 au Pays Basque. Le batteur d’origine, Jimmy Arrabit semblait prendre la chose très au sérieux.
Travail conséquent
Au sortir du spectacle, la prise de conscience du travail mené par les professeurs était de rigueur. Quelle prouesse, diront certains de faire chanter des élèves non bascophones en euskara, comme de coordonner le projet. Se poserait-on la question si le répertoire avait été choisi dans le patrimoine anglophone, hispanophone et même africain comme les années passées ? Pratiquement pas. Alors, cette session de Jazz’in Collège aura été spéciale et méritait les soutiens institutionnels accordés pour son exécution.
Car au-delà de la pratique chorale, les 370 élèves sont entrés de plain-pied et sans même s’en rendre compte dans le patrimoine culturel musical et linguistique de leur région. Au-delà des craintes des professeurs, le répertoire tiré des albums d’Itoiz était parfaitement adapté aux tessitures aiguës des collégiens. Ils se le sont approprié en le dynamisant.
Cet entrain a d’ailleurs incité les élèves à ridiculiser le public lorsque Jose San Miguel a tourné les talons sur son pupitre pour inviter le millier de choristes improvisés mais un peu frileux malgré la version karaoké projetée sur l’écran et la comparaison avec le public navarrais.
Qu’en sera-t-il du public bayonnais samedi à la fête de la musique ?