Demain, épilogue de l’édition 2008 avec la finale du Manomanista au mur à gauche de l’Atano III (18h00). Au programme, le face-à-face entre Abel Barriola et Oinatz Bengoetxea, deux enfants du village de Leitza (Navarre), qui ont tapé sur le même mur durant leur jeunesse. Ils sont voisins et font actuellement la fierté de tout un village, mais demain sur la cancha donostiar, ils seront deux pilotari professionnels lancés à la conquête du plus prestigieux des titres de la catégorie, le tête-à-tête. Parce qu’une txapela ne peut couvrir deux têtes, il n’y aura qu’un vainqueur entre Barriola le pragmatique et Bengoetxea le mystique.
Abel Barriola a déjà connu la gloire lorsqu’en 2002 il remporta pour la première fois la compétition, mettant ainsi fin au règne de Beloki et Eugi. Longtemps blessé, Barriola est revenu à son meilleur niveau. Pour preuve une finale l’an dernier face à Olaizola II, et une nouvelle place en finale cette année. Plus âgé, habitué à ce niveau de compétition, plus expérimenté et au regard de son impressionnante démonstration en demi-finale face à Sébastien Gonzalez, Abel Barriola est le favori annoncé des corredores, 100 à 30.
Cependant si l’arrière de Leitza a remporté ses deux premières finales en professionnel (quatre et demi en 2001 et Manomanista 2002), il a perdu les quatre suivantes (quatre et demi 2004, 2006 et 2007, Manomanista 2007). Une donnée que Barriola a en tête. Il n’a donc que faire des pronostics qui l’annoncent gagnant. Il sait plus que les autres : "les finales sont des parties spéciales, c’est du 50/50 et l’expérience n’a rien à voir avec ce qui pourra se passer dimanche". Abel Barriola va plus loin et explique pourquoi tant de prudence : "En 2002, lorsque j’ai remporté le titre c’était ma première finale et j’étais dans un moment d’euphorie. Je suppose qu’Oinatz ressent actuellement la même chose et c’est pourquoi il est dangereux. Il est en état de grâce. S’il est arrivé en finale c’est bien pour quelque chose, car il faut aller la chercher la victoire en tête-à-tête".
Bengoetxea euphorique
Face à cette euphorie, Barriola va donc jouer le jeu de la régularité, "bien taper et maîtriser la pelote", ne donner aucun point et accorder toujours plus d’importance à chaque nouvel échange. Ce n’est pas une surprise de retrouver Abel Barriola dans cette finale, lui le seul des favoris à avoir fait honneur à son rang cette année. Par contre, retrouver Oinatz Bengoetxea à l’Atano demain est plus inattendu. Le premier étonné, Barriola : "Sincèrement je crois qu’il nous a tous surpris et spécialement lors de sa partie face à Aimar Olaizola. On donnait tous Aimar favori, mais Oinatz a offert une prestation incroyable et spectaculaire. Il est clair qu’un nouveau possible vainqueur du Manomanista a éclos ce jour-là. C’est aussi une bonne nouvelle pour la pelote professionnelle de voir arriver une nouvelle tête à un tel niveau". Autre surpris de la performance de l’avant de Leitza, Onaitz Bengoetxea lui-même. Cependant il a son explication à cette éclosion, le chiffre 8 : "cette année quand a débuté la compétition j’avais beaucoup d’espoir de faire quelque chose. Je pensais que la saison 2008 serait une bonne saison. Je suis né le 28-8-84 et le 8 est mon chiffre favori. Mais bonŠ la véritéŠ je ne pensais quand même pas aller si loin dans le Manomanista".
Le 8 pair et gagne
En poussant plus loin la logique 8, d’Oinatz Bengoetxea, on arrive à une véritable conjonction mystique à laquelle Oinatz peut se raccrocher. Il dispute la 8e finale dans laquelle un pilotari originaire de Leitza est qualifié. Les quatre de Bengoetxea III plus les trois de Barriola ont précédé cette 8e finale. Bengoetxea III a conquis la première txapela en 1978. Depuis ses débuts en professionnel et jusqu’à aujourd’hui, Oinatz a gagné 8 kilos. Il a, en outre, joué contre 8 pilotari différents lors de ces participations au Manomanista. Enfin pour terminer, Barriola joue face à Bengoetxea sa 8e finale, quatre et demi et Manomanista confondus. Le 8 est avec lui.Mais outre ces considérations numérologiques, ce qui permettra à Oinatz de renverser le terrible Barriola sera d’imposer le niveau de jeu qu’il a montré cette année, éliminant tour à tour Leiza, Abel puis Asier Barriola. Oinatz Bengoetxea, oubliant pour un instant le 8, reconnaît qu’il devra demain "imposer un jeu exigeant et rapide, comme je l’ai fait lors des trois parties précédentes que j’ai gagnées".