L’exposition Begi Bi, inaugurée hier soir aux halles d’Hendaye présente le regard croisé photographique entre la Bourgogne et le Pays Basque établi dans le cadre du festival Baskarad de Dijon. Les photographes Angela Mejias d’Hendaye et le Bourguignon Vincent Perraud y proposent une vision à l’opposé des clichés folkloriques d’ordinaire présentés. Vincent Perraud, perpétuellement en quête d’images et en partance pour l’Ecosse, a accepté de raconter comment il a appréhendé le jumelage, objectif des deux cultures.
Comment avez-vous perçu ce projet de regards
croisés entre votre région la Bourgogne et le Pays Basque ?
J’ai trouvé l’idée originale et j’ai tout de suite adhéré à ce projet qui s’est monté dans le cadre du festival Baskarad dont le thème général est les cultures empêchées. Je ne sais pas si c’était pour ça mais au Pays Basque, il y a des situations de tensions. C’était l’occasion de faire découvrir quelque chose de différent aux Bourguignons. Car c’était le contraste total au niveau des cultures, des paysages. C’était totalement différent étant donné que la Bourgogne est au centre de la France et le Pays Basque est au bord de l’océan et avec des montagnes.
Connaissiez-vous le Pays Basque avant cette
expérience ?
Un tout petit peu. J’étais allé aux fêtes de Bayonne, le truc touristique au possible. Au final de cette expérience, je me suis rendu compte que je ne connaissais rien du tout ou presque. Il y a tant de fêtes, chaque événement est particulier. Je ne connaissais rien, ni l’histoire, ni les différences entre le Nord et le Sud. A ce propos, le contraste entre les deux parties du pays est assez frappant. Le Nord est tout joli, tout mignon et dès qu’on passe au Sud, on est confronté à un panorama très industriel qui semble toujours en travaux.
Avant de venir faire ce reportage, quelle
image aviez-vous du Pays Basque ?
Le terrorisme... Non sans plaisanter, comme beaucoup, je voyais cela festif, coloré et bon vivant. J’étais confiant pour faire les photos car je savais qu’il y avait énormément de choses à faire.
Angela Mejias, votre binôme dans le projet,
a dit que vous aviez "tout de suite compris ce qui se passait ici" au Pays
Basque. (Cf. Édition du JPB du 6 juin), Qu’avez-vous voulu exprimer dans ces
prises de vue ?
Je n’ai pas le même regard qu’Angela Mejias. Elle essaie toujours de faire passer des messages alors que je me contente d’essayer de retranscrire le monde d’un point de vue strictement esthétique. Ceci étant, je ne sais pas si le côté esthétique de la chose décrit correctement la situation. C’est au public de le dire.
En tant que Bourguignon, comment avez-vous
trouvé le regard qu’Angela a porté sur votre région ? Est-ce qu’il correspond à
une réalité ?
Je lui avais dit que la Bourgogne était une région grise et terne, surtout en hiver. Je n’ai pas forcément un regard très positif sur ma région. J’ai bien aimé qu’elle fasse tout en noir et blanc, que son objectif se pose sur des paysages quelque peu abandonnés. Ses photos donnent une vision que j’aurai eue aussi, donc je n’ai pas été choqué. On voit combien la Bourgogne reste quand même assez rurale.
Depuis quand exercez-vous la photographie et
quelles sont vos techniques ?
Cela fait environ trois ans que je fais de la photo. J’essaie tous les appareils que je peux, aussi bien de la couleur que du noir et blanc, de l’argentique que du numérique souvent avec des éclairages. Je me trimballe quasiment avec un studio donc c’est toujours très lourd à déplacer.
Comptez-vous revenir pour approfondir certaines
choses ?
Bien sûr j’espère revenir, ce n’est pas en deux semaines que l’on peut s’imprégner d’une culture et tout exploiter. Je pense qu’il faut une paire d’années. Je suis sûr que les gens qui habitent ici ont toujours quelque chose à découvrir. Je n’ai qu’une envie c’est de repasser au Pays Basque... en dehors des fêtes de Bayonne. Ce pays est assez terrible entre la montagne et la mer. Il y a vraiment de quoi faire.