"On s’est amusé à compter : 14 ateliers de 15 personnes en moyenne en ajoutant les ateliers Œhors territoire’, cela faisait près de 1 000 personnes... Et c’est pareil aux théâtres du Versant et du Rivage, il y a de plus en plus de demandes" s’exclame Charlotte Maingé, comédienne et chargée de l’atelier en herbe au Théâtre des Chimères.
Cet engouement partagé pour cette boîte de Pandore qu’est le théâtre, "cette fenêtre ouverte sur notre humanité" comme le décrit Muriel Machefer, comédienne et monitrice elle aussi, permet non seulement d’assurer un vivier d’artistes pour l’avenir mais aussi de former le public à la pratique culturelle du spectacle.
Dans toutes les compagnies où se pratiquent les ateliers, ce partage semble aussi essentiel tant pour les amateurs venus se découvrir que pour les comédiens professionnels dont le travail pourrait "être sclérosé sans ces échanges et cette transmission".
Charlotte et Muriel affirment toutes deux que "c’est une partie vitale mais aussi philosophique de notre activité. Cette transmission alimente notre travail de plateau. Parfois même on se remet en question face aux amateurs qui appréhendent le jeu avec moins de technique et donc plus de spontanéité et d’humilité que nous".
Les tout-petits
Question spontanéité, les meilleurs représentants en la matière sont souvent les plus jeunes. Aux Chimères, Charlotte Maingé accueillait cette saison les enfants de 4 ans qui "font exactement les mêmes exercices que les adultes, une approche ludique sans que cela devienne de la garderie". Les tout-petits sont aussi plus instinctifs dans leur gestion du stress que les adultes, "ils ne vont pas angoisser une semaine avant mais une fois sur scène ils peuvent s’oublier".
Très investis, c’est bien avant l’âge de raison qu’ils apprennent la vie de comédiens. "Ils bougent les décors, rangent les costumes" s’émerveille Charlotte, "sur scène, ils sentent qu’ils sont là pour raconter quelque chose d’important aux gens".
Car, Charlotte, comme ses collègues, essaient d’élever le débat et d’amener ces comédiens en herbe autre part que vers le virtuel "univers souvent un peu cucul la praline et limité des rois, des fées et des princesses qui n’existent pas" en choisissant des textes qui "ouvrent sur le monde et sur ce qu’ils peuvent espérer dans la vie".
A quelques jours du festival Faim de Travaux, Muriel Machefer soulève un paradoxe "la production de fin d’année est à la fois nécessaire pour la rencontre avec le public mais bien moins essentielle que le chemin qui nous a permis d’arriver à ce rendez-vous à telle heure dans telle salle".