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Vive l’Euro fort
L’Euro 2008 de football s’ouvre aujourd’hui et pour un mois en Suisse et en Autriche. Un événement qui est devenu une énorme machine marketing qui profite en premier lieu à l’UEFA
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L’édition 2008 de l’Euro s’ouvre aujourd’hui en Suisse et en Autriche, pays co-hôtes du plus grand rendez-vous de la planète football européenne. Seize pays sont engagés avec leur sélection dans une compétition qui débute aujourd’hui par la rencontre Suisse-République Tchèque et qui se terminera par la grande finale à Vienne le 29 juin. Un mois de sport mais aussi un mois au cours duquel l’argent coule à flot.
Comme à chaque méga-événement sportif on ne parle pas uniquement de sport mais aussi d’argent. Et il faut dire qu’une compétition comme l’Euro 2008 en Suisse et en Autriche va générer des sommes énormes, notamment pour l’Union Européenne de Football, l’UEFA, qui devrait empocher la bagatelle de 1,25 milliard d’euros, soit 45% de plus que lors de l’édition précédente au Portugal.
Cette dernière sera donc la grande gagnante de l’événement continental. L’UEFA redistribuera une partie de cet argent aux fédérations participantes à cette phase finale. Quant au reste de la somme, très peu de réponses sur la destination, si ce n’est que l’Uefa ¦uvre pour le développement du football dans toute l’Europe. Un aspect maintes fois mis en doute au temps de l’ancien président Sep Blatter et qui devrait s’éclaircir avec Michel Platini maintenant à la tête de l’UEFA. Ce dernier souhaite en effet un développement harmonieux du football en Europe, et ne plus seulement privilégier les puissants championnats espagnol, anglais, italien et allemand. Mais y arrivera-t-il sous la pression des lobbies financiers ?
800 millions d’euros de droits télévisuels, 250 millions d’euros de produits dérivés et "seulement" 90 millions d’euros de billetterie, voilà d’où provient l’argent que va encaisser l’Uefa. Si ces chiffres sont impressionnants et témoignent d’un succès commercial, le consultant suisse Patrick Cotting s’interroge sur une possible "bulle spéculative".
Un Euro surévalué
"L’Euro 1996 a rapporté 50 millions d’euros de droits TV soit 16 fois moins qu’en 2008. Pourtant, il n’y a pas 16 fois plus de téléspectateurs et la technique de retransmission n’est pas 16 fois meilleure. Si l’Uefa était cotée en bourse, je commencerais à vendre mes actions", souligne-t-il. De plus, certains sponsors se sont plaints du manque de visibilité qui leur est offert en amont de la compétition. "En fait il faut investir près de trois fois la somme versée à l’Uefa dans des actions complémentaires pour être vraiment remarqué par le consommateur", explique l’expert suisse. Autre indicateur inquiétant selon lui, les chaînes de télévision perdent de l’argent avec le football. "TF1 est un bon exemple. Elle n’a jamais pu couvrir ses dépenses malgré des audiences records pour les matches de l’équipe de France. Cette stratégie de conquête de parts de marché pourrait être abandonnée par les actionnaires", prévient Patrick Cotting.
Une baisse des revenus liés à cette compétition est donc attendue par tous, mais pour la prochaine édition, celle de 2012 en Pologne et Ukraine. Pour l’instant, nous n’en sommes pas là et l’Uefa ne sera pas la seule à profiter d’un formidable support image. Une véritable industrie du marketing gravite autour de l’Euro. Vente de maillots, tourisme, publicité,... le championnat d’Europe des Nations représente aussi une source de revenus pour les équipes, les joueurs, les villes accueillant les rencontres,...
Imposition Suisse sur les primes
Outre la gloire et le gain d’un titre, les seize équipes auront donc aussi des motivations sonnantes et trébuchantes. L’Uefa va leur distribuer 184 millions d’euros de primes dont 60 millions sur la base de leurs performances. Et entre l’équipe qui s’arrêtera au premier tour et celle qui décrochera la Coupe, la différence sera notable. Un peu plus de 8 millions d’euros pour les premiers éliminés et jusqu’à 23 millions d’euros pour le vainqueur. Un argent pour les fédérations qui est en grande partie reversé aux joueurs. Au passage les Trésors publics suisse et autrichien vont donc récupérer "quelques" deniers, puisque ces primes aux footballeurs seront imposées à la source à hauteur de 20%. Soit entre 2,5 et 5 millions d’euros de recettes fiscales.
Clooney, Tarzan, Saint Iker, le boucher, et les autres...
Il n’y a pas autant de surnoms dans le football que dans la boxe, mais lors de cette Euro 2008 certains joueurs arrivent en Suisse et en Autriche précédés d’un petit nom. Antonis Nikopolidis, le gardien grec a ainsi gagné le surnom de "Clooney" en référence à ses cheveux grisonnants rappelant le beau Georges. Pour ses longs cheveux et son corps musclé, l’Espagnol Sergio Ramos est "Tarzan". Son compère et gardien Casillas a hérité de "Saint Iker" après quelques jolis sauvetages. L’Italien Materazzi et ses tacles est devenu "le boucher" pour les fans de la Série A.A l’issue de cet Euro d’autres joueurs seront affublés d’un surnom, et le Portugais Ronaldo, star annoncée ne devrait pas y échapper.
Des buts et des actions avec un retard fou
C’est dû paraît-il aux corrections destinées à améliorer la qualité de l’image pour la télévision numérique. C’est en ses termes que les chaînes de télévision expliquent le décalage entre l’action au stade et les images diffusées sur le poste. Cette réalité promet des décalages énormes, jusqu’à 10 secondes après que l’action s’est déroulée sur le terrain. Pour les amateurs des commentaires radio en regardant la télévision, il faudra donc repasser. Des téléspectateurs seront cependant épargnés d’un tel retard. Ceux qui réceptionnent leurs chaînes par le bon vieux mode analogique n’accuseront qu’un léger retard d’un maximum d’une seconde. Tous ne lèveront pas les bras à l’unisson en cas de victoire.
18 ans entre le plus vieux et le plus jeune
L’Italie sera l’équipe la plus expérimentée avec une moyenne d’âge de 29,35 ans. La Russie avec 26,26 ans et la Suisse avec 26,39 ans se partagent le privilège d’être les plus jeunes. C’est justement chez les Helvètes que se trouve le cadet de la compétition, Eren Derdiyok. Il fêtera ses 20 ans le 12 juin. Le Français Karim Benzema, le Portugais Rui Patricio et le Croate Ivan Rakitic affichent eux aussi 20 printemps. Pour trouver les plus âgés il faut aller voir du côté des gardiens, l’Autrichien Ivica Vastic et l’Allemand Jens Leman ont tous deux 38 ans et sont suivis de près par Van Der Saar et Zuberbuler. En ce qui concerne la taille: du plus grand, le Tchèque Jan Koller, 2,02m, au Roumain Florentin Petre, 1,66m, 36cm de différence.
Les chiffres historiques de l’Euro de foot
Créé en 1960, ce n’est qu’en 1980 que le Championnat d’Europe de football prend de l’ampleur en accueillant huit participants. Un nombre qui passe à 16 à l’occasion de l’édition 1996. L’Allemagne et la France monopolisent jusqu’à maintenant les statistiques de l’Euro. Le plus grand nombre de participations appartient aux Germaniques avec 10 phases finales disputées. C’est aussi eux qui ont remporté le plus de titres, 3 (1972, 1980 et 1996). La France s’est surtout distinguée lors de l’Euro 1984 qu’elle organisait. Lors de cette édition Michel Platini est devenu, avec 9 buts inscrits, le recordman de buts marqués lors d’une phase finale, et avec 14 buts, l’équipe de France détient le record pour une sélection.
Un trophée nommé Henry Delaunay
Le trophée Henri Delaunay sera remis au vainqueur de l’Euro. Cette Coupe créée en 1960 par Arthur Bertrand à l’occasion du premier Championnat d’Europe organisé en France restera cependant la propriété de l’Uefa. Le pays vainqueur reçoit une réplique réduite du trophée qu’il peut garder. Le Pays qui remporte le titre trois fois consécutivement ou alors à cinq reprises se voit remettre une réplique identique au trophée. Mais jusqu’à présent, aucune équipe n’a réussi à conserver son trophée et encore moins remporté cinq fois la compétition.
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