Quand le camping Fontaine Laborde décampe...
·Ce camping d’Anglet qui a brassé des visiteurs du monde entier fera sa dernière saison avec un brin de nostalgie
"Voilà, c’est fini..." C’est pour des raisons personnelles que la famille Etchebehere, propriétaire des lieux depuis 1956, préfère se séparer du camping. Dernier acte, fermeture du rideau prévue pour septembre. Et avec cette fermeture, c’est 13000m2 de rencontres, d’éclats de rire, d’échanges, de simplicité et d’ouverture à l’autre qui plient bagage. Une institution me direz-vous? Bien plus que ça.Fontaine Laborde, c’est un site d’une capacité d’accueil de 350 personnes, destiné exclusivement aux tentes. Avec à disposition des campeurs une épicerie, un bar et un restaurant indonésien (ouvert à tous). Situé à deux pas des plages et des plus beaux spots de la Côte basque, il paraît tout à fait inutile de préciser que sa clientèle est jeune, internationale et essentiellement constituée de surfeurs. Fontaine Laborde, c’est aussi une entreprise familiale entourée d’une équipe d’une vingtaine de saisonniers. Employés que la convivialité du camping pousse à revenir chaque année. Pour Karine et Cédric qui y ont fait plusieurs saisons, il n’y a pas un endroit dans lequel ils auraient travaillé qui ressemblerait à celui-ci. "Le travail n’a pas la même signification là-bas. On ne compte pas ses heures: on a envie de rester". Damien, employé à la réception, confie qu’il lui est arrivé de passer trois semaines sans sortir du camping et qu’il en avait même presque oublié le monde extérieur. "Microcosme", le mot est lancé. Il est vrai que la réputation de l’établissement n’est plus à faire. Car Fontaine Laborde, c’est surtout et avant tout un incroyable lieu de convivialité, de rencontres et d’échanges. Et à Anglet l’été, c’est au recoin d’une tente que le dépaysement vous tombe sur le bout du nez: "on part en voyage dès qu’on discute avec un client" assure Karine. Durant la saison, c’est un brassage constant de toutes les cultures et le français fait presque office de langue morte.
Les locaux se mêlent
C’est dans cette atmosphère si particulier que les locaux, venus dîner au restaurant du camping, se mêlent à la clientèle internationale. Désormais devenus des habitués, les campeurs n’ont qu’un mot d’ordre en tête: s’amuser et profiter autant que possible. Et c’est ainsi que d’une année à l’autre, les gens se trouvent et se retrouvent, les amitiés se font et se renforcent. De la bouche de Kiko, bien sympathique local fidèle aux soirées du camping s’échappe un très sincère et joyeux: "fantastique!".
"Un mode de vie qui se perd"
Pour Kiko, la fermeture de l’établissement s’avère être un véritable problème car l’été, hormis quelques bars près de la plage, il n’y a rien d’ouvert sur Anglet. Effectivement, la vente du site est un coup dur pour tout le monde. Et c’est Christophe Etchebehere, responsable du bar et du restaurant depuis 1994, qui en parle avec le plus d’émotion. Selon lui, Fontaine Laborde est unique en son genre et au-delà de l’établissement en lui-même, c’est tout un mode de vie qui se perd."Il y a tellement de souvenirs ici" avance-t-il avec beaucoup de nostalgie. Il ne sait pas si le plus regrettable est la perte du camping ou la fin de cet échange extraordinaire. Pour le moment il ne veut pas trop parler de l’avenir. Il ne sait pas ce qu’adviendra le site. Quant à lui, il ne souhaite pas se lancer dans un nouveau projet de camping-car les saisons sont trop courtes et la rentabilité insuffisante pour rembourser un emprunt. Il tentera de rester tel qu’il est, simple et ouvert, à l’image de ce camping dans lequel il a grandi. Ce dernier été sera vraisemblablement inoubliable. Certains anciens clients, à la découverte de la nouvelle, ayant notamment annulé leurs vacances prévues sur un autre site, afin de s’amuser, une toute dernière fois dans le camping de tous leurs étés et de le saluer comme il se doit.
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