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Le JPB > Sports > Football 2008-06-06
Liga
Le feuilleton Zubiaurre entre l’Athletic et la Real se termine par une amende de cinq millions d’euros
·Il y a trois ans l’Athletic et la Real étaient entrés en conflit sur le transfert d’Iban Zubiaurre, le jugement est intervenu mercredi

Les tribunaux ont rendu leur jugement mercredi dans le litige opposant l’Athletic, l’arrière latéral Iban Zubiaurre, et la Real Sociedad. Après trois ans de procédure, le Tribunal Suprême (sorte de Cour d’Appel) statuant en dernier ressort a condamné Iban Zubiaurre et l’Athletic à débourser une somme de 5 millions d’euros à la Real Sociedad, pour rupture unilatérale du contrat liant Zubiaurre à la Real Sociedad.

La décision prise par les magistrats espagnols n’est pas susceptible de recours, et confirme le jugement rendu par le Tribunal Supérieur du Pays Basque. Le juge a estimé qu’Iban Zubiaurre avait rompu unilatéralement le contrat le liant avec la Real Sociedad jusqu’en juin 2006, lorsqu’il s’était présenté le 1er juillet 2005, en compagnie du président de l’époque de l’Athletic, Fernando Lamikiz, comme nouveau joueur du club de Bilbao. Iban Zubiaurre, devra donc payer 1,5 million d’euros à la Real Sociedad, et l’Athletic 3,5 millions d’euros comme réparation de cette rupture.

Liberté anticipée

La décision prononcée par les tribunaux ne satisfait personne, dans cette affaire complexe. Le début du conflit remonte au 1er juillet 2005. Iban Zubiaure, jeune latéral droit de la Real Sociedad avait été présenté comme nouveau joueur de l’Athletic. Le club bizkaitar affirmait avoir recruté Zubiaurre libre de contrat avec la Real Sociedad.

Or, le club donostiar refusait ce fait, stipulant que le joueur avait levé l’option pour prolonger le contrat d’une année avec la Real, montrant même un fax signé par le père du joueur donnant son accord pour faire jouer l’option et prolonger jusqu’au 30 juin 2006. La Real interprétait donc la signature de Zubiaurre à l’Athletic comme un transfert, et demandait à l’Athletic 30 millions d’euros, somme prévue par une clause, comme indemnité que la Real était en droit de demander lors d’une rupture anticipée du contrat. Bien sûr, l’Athletic refusait de payer cette somme, prétendant que Zubiaurre était sans contrat lors de son recrutement.

La Real porta plainte contre Zubiaurre et l’Athletic, pour obtenir réparation, et le joueur passa une année sans jouer, jusqu’à ce que le tribunal de premier ressort rende son jugement. Le juge donna raison à l’argument de la Real, mais condamna l’Athletic et Zubiaurre non pas à payer 30 millions d’euros, mais 5 millions, la première somme étant jugée "disproportionnée". Zubiaurre, à partir de cette date, avait pu intégrer le groupe professionnel de l’Athletic, puisque le club avait déposé une caution de cinq millions d’euros, jusqu’à ce que le jugement en appel soit rendu. Le jugement rendu mercredi, a repris point par point ce premier jugement.

Aucun gagnant dans l’affaire

Finalement, les tribunaux n’ont donné raison à personne. En effet, le juge a donné raison à la Real, mais le club txuri-urdin n’empochera "que" cinq millions d’euros, et non les 30 demandés. L’Athletic a qualifié le jugement de "négatif" puisqu’il prétendait que Zubiaurre avait été recruté libre de contrat, et donc qu’il n’avait pas à payer d’indemnité à la Real. Enfin, les arguments de Zubiaurre ont été ignorés par le juge, puisque le joueur a été reconnu responsable de la rupture, et devra payer de sa poche 1,5 million d’euros, alors qu’il demandait de n’avoir rien à payer à la Real. Une chose est sûre, Zubiaurre est la principale victime du litige, car en plus d’avoir à débourser 1,5 million d’euros, il a dû passer une année sans jouer, et sa progression en tant que footballeur a été stoppée nette. Le jeune espoir basque qui avait brillé à la Real n’est en effet maintenant qu’un remplaçant à l’Athletic.



Les clauses de rupture anticipée des contrats remises en cause
L’affaire Zubiaurre aura des conséquences juridiques importantes sur les contrats des sportifs professionnels espagnols. En effet, le juge a remis en cause la proportionnalité des clauses de rupture des contrats.

Tous les clubs espagnols, pour protéger leurs joueurs phares, ou leurs jeunes pousses, ont tendance à proposer des contrats de très longue durée (6-7 ans) avec des clauses en cas de rupture anticipée astronomiques. Ainsi, pour recruter n’importe quel joueur, les clubs se voient opposer des sommes de 30, 40, voire 70 millions d’euros, dignes des plus grandes stars du ballon rond. Or, dans le cas Zubiaurre le juge a remis en cause la "proportionnalité" de telles sommes dans les contrats et a ramené le montant de la clause de 30 à 5 millions d’euros. Ce jugement peut être un premier pas vers la disparition de ces clauses, voire d’une judiciarisation des transferts de joueurs, les clubs étant tentés de remettre en cause les montants qui figurent dans les clauses des joueurs. L’Espagne pourrait donc abandonner progressivement ces clauses, et les montants des transferts se fixeraient, comme dans le reste de l’Europe par une négociation libre entre les parties.


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