Gara: Latest news - Printed edition  |  Le Journal |  Documents
Google
EUS | ES | FR | ENG
 » PRINTED EDITION
  - Index
  - Sujet à la une
- Basque Country
- Local
- Opinion
- Culture
- Sports
 » DOCUMENTS
 » Hemeroteka
Le JPB > Sujet à la une 2008-05-31
60 ans plus tard, les Droits de l´Homme ne sont pas respectés
·Le rapport 2008 rappelle l’atteinte des droits de demandeurs d’asile et les cas de torture à l’encontre des Basques

Les Droits de l’Homme n’ont pas eu de dix sur dix au Pays Basque. Amnesty internationale (AI) a présenté son rapport annuel mercredi dernier et le constat est clair : le droit au logement et ceux des migrants et demandeurs d’asile sont bafoués et la torture, la lutte contre le terrorisme, les actions de l’ETA ou encore les violences contre les femmes sont toujours d’actualité.

Le Pays Basque n’échappe pas aux reproches formulés par AI aux Etats français et espagnol. Parmi les avertissements relayés par le groupe local, les droits des demandeurs d’asile et ceux des migrants prennent une importance particulière.

Réduction des délais d’expulsion

AI travaille localement en collaboration avec la Cimade et la Ligue des Droits de l’Homme dans le respect des droits des personnes qui sont à deux pas de l’expulsion vers leur pays d’origine, notamment au centre de rétention d’Hendaye (fermé en 2007). Cette année, AI dénonce la réduction des délais ; "dans certains cas, les personnes concernées sont renvoyées avant même qu’ils accèdent à leur défense. Membre du groupe local d’AI, Txomin Vouillat craint surtout la présidence française de l’Union Européenne qui mettrait en place des restrictions sur le droit d’asile. "Nous craignons surtout l’application du concept de Œpays sûr’, pour lesquels on ne vérifie pas les risques que courent les personnes expulsées.

Bien que le rapport 2008 n’aborde pas les conséquences des lois Perben qui s’appliquent souvent aux habitants du Pays Basque, T. Vouillat rappelle qu’à l’époque, AI avait mené une campagne et les avait critiquées.

Torture

Vouillat s’attarde également sur la violence policière et l’impunité que bénéficient les agents de police. Sur ce volet, AI rappelle que la torture est maintenue. L’ONG reproche à l’Etat espagnol : "Les informations faisant état d’actes de torture et de mauvais traitements imputables aux forces de l’ordre demeuraient monnaie courante".

Elle rappelle d’autre part, que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, 22 personnes "réputées être impliquées dans la direction de Batasuna" ont été arrêtées. Dans la même partie, AI se réfère à la sentence du procès 18/98, dans lequel 47 personnes ont été reconnues coupables d’appartenance à l’ETA.

Se référant toujours aux questions basques, AI reprend dans son rapport les évènements survenus suite à la rupture du cessez-le-feu de ce groupe armé indépendantiste. "Rompu en pratique" par l’attentat à l’explosif de l’aéroport de Barajas, qui avait fait un mort, en décembre 2006. Parmi les trois attentats qu’elle énumère par la suite se trouve celui de Capbreton, en décembre. Le premier attentat mortel survenu sur le territoire français. AI l’a pourtant classé parmi les atteintes des Droits de l’Homme exercées sur le territoire espagnol.

Autre type de violence que reprend l’ONG, celle qui est exercée envers les femmes. Le rapport 2008 n’en dit mot en ce qui concerne l’Etat français et elle s’attarde sur le cas espagnol. Deux ans après l’adoption de la loi contre "la violence liée au genre" les femmes se heurtent à des obstacles lorsqu’elles tentent d’obtenir protection, justice et réparation, selon AI. Elle avait tout de même présenté un rapport spécifique, auparavant, concernant l’Etat français, dans lequel elle dénonçait qu’une femme mourait tous les trois jours. "De ce fait, on avait mené une campagne demandant l’harmonisation des lois, prenant comme référence celle de l’Espagne", explique Txomin Vouillat.

Rapport non exhaustif

Toutefois, "le rapport 2008 n’est pas exhaustif", souligne le membre du groupe local d’AI. Il reconnaît l’absence de l’attente des droits linguistiques aussi bien sur le territoire français qu’espagnol. En effet, en mai, l’ONU a rappelé à la France qu’elle ne respectait pas les droits linguistiques de ces minorités. Le cas des peuples minoritaires d’Europe n’apparaît pas non plus, sauf, celui du peuple rom.

De plus, AI n’a pas retenu le traitement réservé aux journalistes des radios d’Euskal Irratiak. Ces derniers avaient judiciairement été fichés (relèvement d’ADN et d’empreintes) lors d’enquêtes sur des communiqués revendiquant des attentats perpétrés sur le territoire français. Le corps médiatique avait alors dénoncé l’atteinte aux libertés de la presse.



A l’ombre du 60e anniversaire des Droits de l’Homme
Amnesty International a présenté son rapport 2008 : 81 pays au moins continuent de pratiquer la torture. 54 pays font des procès qui sont loin d'être équitables et dans 77 pays au moins, la liberté d'expression est bafouée.

Et c’est sans compter les guerres et conflits qui apportent leurs lots d’exactions et auxquels la communauté internationale ne semble pas pouvoir trouver de solution.

A côté de cela il y a des progrès, certains pays montrent des signes d’ouverture et de plus en plus acceptent de défendre, en théorie, les droits humains, même si certains courants de penser remettent en cause leur universalité.

Irène Khan, secrétaire Générale d’Amnesty International voit cependant des raisons d’espérer dans l’influence croissante de la société civile, dans l’apparition de nouvelles puissances telles que l’Inde, ou l’Afrique du Sud, et dans les nouvelles générations de dirigeants aux Etats-Unis, en Russie, ou encore à Cuba.

Pour AI, il revient aux "puissants (de) donner le bon exemple" pour que les principes fondamentaux de la déclaration de 1948 soient enfin respectés, en particulier là où l’urgence est la plus pressante : au Darfour, au Zimbabwe, à Gaza, en Irak et en Birmanie.

"L'année 2008 fournit une occasion sans précédent pour ces dirigeants de choisir une nouvelle direction", a poursuivi Irène Khan. Dressant un "triste bilan" de la présidence de George W. Bush, AI place ainsi ses espoirs dans le prochain président américain, qui devra restaurer "l'autorité morale" des Etats-Unis en fermant le camp de Guantanamo à Cuba et en répudiant le recours à la torture.

L’organisation en août des jeux Olympiques à Pékin doit de même fournir l’occasion à la Chine d’évoluer, car son statut de puissance économique et politique majeure ne lui permet plus de négliger les droits de l'homme, estime Amnesty.

Mais pour cela, "il sera important de continuer à exercer une pression sur la Chine post-olympique", a averti Irène Khan. "Ce sera un véritable défi, car elle ne sera plus au centre de l'actualité".

Les Etats européens sont eux montrés du doigt pour leur "complicité" dans les transferts secrets par la CIA de détenus soupçonnés de terrorisme, et pour leur "manque de volonté politique" d’établir la vérité sur leur collaboration.


Print
 
...More news
Pays Basque
La catalogne independante en 2014 : le plan de "carod"
Pays Basque
"Deux mille huitarde"
Culture
Jazz à volonté aux Ecuries de Baroja
Culture
Le Petit Théâtre de Pain rencontre Tim Robbins
Pays Basque
Fête d’Ikas-Bi sous le signe de la revendication
Sujet à la une
60 ans plus tard, les Droits de l´Homme ne sont pas respectés
  © 2006 Baigura | Contact | About us | Advertise Sarean zer |