Des parents d´élèves s´indignent du service minimum de Sarkozy
·Les parents se sont organisés entre eux durant le mouvement pour garder leurs enfants
L’annonce de Nicolas Sarkozy jeudi soir de légiférer pour créer un service minimum d’accueil des enfants en cas de grève n’a guère ému les parents d’élèves les plus remontés des écoles basques. "Cela n’a pas d’autre but que de ruiner nos efforts de manifestation" juge Valérie Chapelain, présidente des parents d’élèves de l’école du Grand Bayonne. Pour elle, la volonté du président de faire garder les enfants sert surtout une envie de démobiliser les parents. "S’ils ne sont plus bloqués, les gens iront travailler comme d’habitude sans se poser de question. Ils se sentiront moins concernés, c’est sûr".
Solidarité
A Anglet, ville très touchée par les suppressions de postes dans ses écoles et marquée par la forte mobilisation dans ses écoles, cette tentative de désamorçage des mouvements ne marche pas davantage. A Edouard Herriot, un des établissements les plus secoués par les actions des parents d’élèves, Valérie Granville, une des meneuses du mouvement, se dit "révoltée" par la tentative de Nicolas Sarkozy de diviser parents et enseignants et de déplacer le débat sur le terrain du service minimum d’accueil. "Pendant ce temps, on ne parle pas du vrai problème : la baisse des moyens". La maman ne nie pas la réalité du problème des gardes d’enfants. "Nous sommes tous ennuyés. Quand on peut, on les fait garder par les grands-parents, ou on prend une demi-journée de congé... Cela nous embête, mais il faut bien qu’on se fasse entendre!"
En fait, il arrive fréquemment que les parents d’élèves s’organisent entre eux pour faire garder leurs pitchounes. "Une maman va garder les enfants pendant que les autres agissent. Au lieu de nous diviser, Sarkozy a créé une solidarité entre plusieurs parents" constate Valérie Granville. Bref, les parents les plus remontés n’ont pas attendu les annonces présidentielles pour résoudre les problèmes de garde d’enfant. "Si Sarkozy veut vraiment aider les parents, c’est au quotidien qu’il faut le faire" enchaîne Valérie Chapelain. "Parce que quand les enfants sont malades et que les parents doivent aller travailler, là il n’y a pas le moindre service de prévu. Evidemment, il préfère pointer du doigt les jours de grève".
Le mouvement se poursuit
L’intersyndicale des enseignants ne relâche pas la pression après la mobilisation de jeudi dernier. Un préavis de grève a d’ores et déjà été déposé pour mardi prochain (20 mai), dans le cadre d’une nouvelle journée de mobilisation départementale : occupation d’écoles, opération "poser les cartables", réunions publiques. Le lendemain, un rassemblement est prévu à 15h devant l’Inspection d’académie à Pau, à l’appel du comité des précaires de l’Education Nationale et des syndicats FSU, UNSA éducation, SGEN CFDT, CGT Education, CNT-AIT64. Une manifestation unitaire est enfin programmée samedi 24 mai à 11h à Bayonne.
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