Mercredi 6 mai, une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant l’agence du Crédit Agricole de Saint-Jean-Pied-de-Port, pour dénoncer le rôle joué par les banques dans le blocage des comptes des militants de Batasuna et de leurs familles.
Une dizaine de comptes sont en effet bloqués par cette banque, sur un total de 33 comptes individuels, suite à une commission rogatoire émise par le juge espagnol Garzon et qui serait relayée par la juge antiterroriste Laurence Le Vert.
Les militants de Batasuna étaient venus porter à la banque quatre "exigences": être informés, ce qui n’a pas été le cas, sur les procédures de blocage en cours, débloquer des fonds destinés à des frais alimentaires, obtenir l’engagement de la banque de ne pas ponctionner des frais bancaires sur les comptes durant le blocage et enfin, que les personnes visées par ces blocages ne soient pas fichées à la Banque de France.
L’agence a soudainement fermé ses portes. Les personnes rassemblées ont alors déployé une banderole et insisté pour rentrer. A la faveur de l’ouverture de la porte à des clients, les manifestants ont pu entrer dans l’agence et y ont rencontré le directeur.
Retranchée derrière la Justice
Celui-ci n’a pas voulu répondre aux demandes et a appelé la direction régionale, qui est venue s’entretenir avec les occupants. L’entretien a duré deux heures. D’après l’un des militants présents à l’entretien, la Direction du Crédit Agricole s’est retranchée derrière l’autorité judiciaire, et s’est engagée à faire suivre leurs demandes à ces services. Elle a oralement promis de ne pas prélever de frais bancaires sur les comptes incriminés. Les familles touchées par ces blocages font savoir qu’elles "vont continuer à se mobiliser pour faire respecter [leurs] droits et avoir accès à [leurs] comptes".