L´Assemblée Nationale ne satisfait pas les langues minoritaires
·Si l’annonce d’une loi par la ministre de la culture n’est pas une surprise, le contenu de celle-ci déçoit
Le débat tenu mercredi soir à l’Assemblée Nationale n’a donc pas amené de surprises majeures. Comme nous en faisions l’écho au Journal du Pays Basque du 6 mai, la ministre de la culture, Christine Albanel, a annoncé que le gouvernement établirait une loi sur les langues "régionales" dans un "calendrier proche", certainement à l’horizon de 2009.
Conformément à ce qui était attendu, et aux promesses de campagne du président Sarkozy, la ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement de ne pas modifier l’article 2 de la Constitution, afin de permettre la ratification de la Charte européenne des langues régionales. "Les dispositions de cette Charte vont à l’encontre de principes très importants de notre République comme l’indivisibilité de la République" a affirmé mardi la ministre de la culture
Pas de nouveauté au Pays Basque
La tenue du débat a été salué par les acteurs ¦uvrant en faveur des langues régionales: "c’était la première fois qu’un débat public avait lieu" soulignait Sébastien Castet, membre d’Euskal Konfederazioa, confédération regroupant les associations travaillant pour la langue basque, et qui est membre de la plateforme créée par les acteurs des langues "régionales" de l’Etat français. "Le nombre d’orateurs inscrits montre que le débat a suscité un intérêt et que les forces jacobines sont en train de tomber" rajoute Thierry Delobel, président d’Ikas Bi et de la FLAREP, fédération des associations de parents d’élèves dans les section bilingues.
Castet et Delobel ont aussi souligné que la loi, qui devrait être un texte codifiant les mesures déjà existantes autour des langues (notamment sur la signalisation, la présence dans les médias publics, l’enseignement bilingue...) n’apporterait pas de nouveautés en Pays Basque: "cela apportera des progrès pour les Occitans ou les Catalans", souligne Delobel.
Le poids de l’article 2
Toutefois, la déception est de mise au regard des mesures proposées par le gouvernement: "la plateforme avait demandé mardi aux députés la révision de l’article 2, et aussi la reconnaissance législative de l’enseignement immersif. Apparemment ce n’est pas cette voie que prendra la loi" soulignait Castet, en assurant que la plateforme continuera sa démarche pour atteindre ces revendications, et exiger "des politiques linguistiques ambitieuses".
A la FLAREP, le pragmatisme est de mise: "sur la Constitution, il n’y a pas de consensus suffisant.Nous allons donc tout faire pour que des moyens conséquents soient mis sur la table, notamment au niveau de l’enseignement".
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