Le secteur bio réclame plus de financements
·Plusieurs associations vont s’entretenir avec le ministre de l’Agriculture pour l’avertir de la gravité de la situation
L’inquiétude règne dans la filière biologique. "On ne va pas pouvoir continuer longtemps comme ça", avoue Tomas Ergi, membre de l’association BLE (Biharko Lurra Elkartea). C’est pour le lui faire savoir que les associations de producteurs bio ont pris rendez-vous avec le ministre de l’Agriculture Michel Barnier. Le manque d’implication du Gouvernement français y sera abordé.
Le ministre recevra ces associations le 13 et 20mai, puis lors d’un autre rendez-vous en juin. Que ce soit BLE, Bio d’Aquitaine ou la FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique), toutes ces structures ont une situation financière délicate, "car l’accès au financement est difficile", précise Tomas Ergi.
Grand écart
Sur ce point, ces associations comptent surtout sur le soutien du Conseil régional d’Aquitaine, mais voudraient que l’Etat investisse davantage. "Il y a un grand écart entre les discours des élus de tous les bords, puisque tout le monde s’est mis au bio, et les moyens mis en ¦uvre", s’inquiète Ergi.
Le gouvernement a annoncé que pour 2012, 6% de la surface agricole devait être biologique, or, le budget attribué au bio correspond à 0,5 % du budget global destiné à l’agriculture. En attendant, les associations créées pour dynamiser et développer ce type de production se voient refuser les subventions. Le membre de BLE a donné l’exemple des aides distribuées par les fonds de l’Union Européenne, par la FEADER, "la complexité administrative fait qu’en 2007 notre demande a été bloquée". Le dossier présenté en partenariat avec l’INRA a également été écarté par le Fonds Professionnel Agricole. BLE multiplie donc les demandes, mais elle doit surmonter des critères d’attribution de plus en plus rigoureux. En conséquence, le déficit budgétaire structurel est de 24euros en 2007. Le tableau n’est pas aussi sombre lorsqu’il s’agit de la reconnaissance de l’agriculture bio par les exploitants et les consommateurs.
Bons résultats
Elle aussi membre de l’association, Maritxu Castillon s’est réjouie de la reconnaissance des qualités de ce type de production. Ainsi, BLE souligne les bons résultats techniques constatés dans les fermes. De plus en plus d’exploitants adhèrent à l’agriculture bio (75 producteurs certifiés en Pays Basque) et la consommation croît, signe d’une confiance accordée par les consommateurs. Mais cela ne suffit pas. "De plus en plus de collectivités nous demandent des produits que nous ne disposons pas.
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