L’observatoire basque des droits linguistiques n’a jamais recueilli autant de plaintes
·Behatokia a présenté jeudi dernier son rapport qui rassemble les plaintes faites par téléphone par les bascophones
Behatokia a présenté son rapport annuel à Iruñea (Pampelune). Celui-ci met en avant l’ensemble des dossiers ouverts durant l’année 2007 sur l’absence de la langue basque dans tous les secteurs. Des 1230 apports reçus, 1 121 se rapportent à des violations de droits. C’est le chiffre le plus important depuis que le "téléphone de l’euskara" a été mis en place.
Avant lui, Behatokia parvenait à faire une certaine évaluation positive : il avait remarqué que cela entraînait une plus grande conscience des Basques quant à leurs droits linguistiques, une meilleure sensibilisation à l’heure de dénoncer leur violation.
Manque de progrès
En revanche, il regrette qu’on ne retrouve pas cette lente prise de conscience "dans les mécanismes mis en place par les institutions et les administrations pour la garantie des droits linguistiques". Et d’après ce qui a été commenté, "durant ces sept années, beaucoup de plaintes se sont accumulées, ce qui montre le manque de progrès et la volonté de maintenir la situation actuelle". Parallèlement, les rapports élaborés par Behatokia, année après année, mettent en évidence le refus d’utiliser la langue basque lorsqu’il y en avait la possibilité, dans l’ensemble des secteurs et des administrations.
Ils ont précisé que leur document coïncidait avec la déclaration d’"Euskaraz Bai", faite par Kontseilua, sur la langue basque et son diagnostic actuel: "A nous, les bascophones, on ne nous garantit pas le droit de vivre en euskara et l’accent est mis sur les obstacles que nous rencontrons chaque jour". A certains endroits du Pays Basque, lorsqu'existe la possibilité de vivre en euskara, les bascophones doivent réaliser un effort supplémentaire pour y parvenir. En effet, le français et l’espagnol sont les langues habituellement et prioritairement utilisées.
Selon les propos de Xabier Mendiguren, secrétaire général de Kontseilua, et des responsables de Behatokia, Paul Bilbao et Arantza Haranburu, "il est indispensable d’obtenir que l’euskara devienne une langue prioritaire". Pour eux, le travail politique et institutionnel est nécessaire ; sinon, il sera impossible d’y parvenir." C’est pour cela que les données recueillies et "douloureuses" dans de nombreux cas, sont remises aux administrations ; arrivé à un certain point, ce sont à elle d’agir".
Réponse au rapport
Behatokia a traité un certain nombre de dossiers et dans de nombreux autres cas a reçu un retour des organismes auxquels elle avait fait parvenir les plaintes. Ce qui est sûr dans ce rapport, c’est que ces réponses ne sont pas toujours satisfaisantes, bien que l’on puisse noter que l’appel de Behatokia soit souvent pris en compte.
Ils ont par ailleurs présenté ce qu’ils considèrent comme "les plus graves obstacles". Dans l’Etat français, outre "l’abandon d’une reconnaissance officielle de la langue basque", Behatokia dénonce que "les administrations l’ont justifié par l’utilisation obligatoire du français". On constate une situation similaire dans les administrations de l’Etat espagnol. Celles-ci ne respectent pas les engagements pris au niveau de l’Europe pour le respect des langues minoritaires ; ce qui est confirmé par des organismes comme l’Institution de Galice pour l’observation des droits linguistiques.
Sanctions contre l’euskara
Concernant la Navarre, ils dénoncent que le gouvernement foral navarrais "ne respecte même pas les normes minimales envisagées par les décrets se référant à l’euskara". En Pays Basque Nord, "aucun droit linguistique n’est reconnu". En Navarre, les structures détectent "des pas en arrière" de la part des entreprises offrant des services d’intérêt général.
Concernant les provinces du Gipuzkoa, Araba et Bizkaia, l’observatoire basque des droits linguistiques critique que ne soient pas mis en marche les "décrets pour l’application de la loi des consommateurs" annoncée par le gouvernement.
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