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Le JPB > Pays Basque 2008-04-30
Blocage des comptes de la maison d´édition Gatuzain
·Les comptes de la maison d’édition Gatuzain ont eux aussi été bloqués, portant à 33 le nombre de comptes gelés

Askatasuna a tenu hier une conférence de presse, à laquelle étaient présents les militants de Batasuna ayant leurs comptes bloqués, leurs familles et des représentants de la maison d’édition Gatuzain, dont les comptes se retrouvent eux aussi gelés.

Askatasuna avait appris par la presse, comme les militants concernés, que le juge espagnol Garzon avait demandé à la justice française de bloquer les comptes de 7 militants du parti abertzale. Finalement, les comptes courants des conjoints et de leurs enfants ont été bloqués, ce qui porte aujourd’hui à 33 le nombre de comptes gelés, dont trois associations. Parmi celles-ci, la Maison d’édition Gatuzain (les deux autres associations n’ayant pas encore rendu publique la démarche).

Les avocats ont demandé à la juge Laurence Le Vert le déblocage des comptes, ce qu’elle aurait refusé, se retranchant derrière la Commission rogatoire émise par le juge Garzon le 6 mars dernier.

Illégalisation de fait

Pour Xabi Larralde, dirigeant de Batasuna, il s’agit "d’une illégalisation de fait de Batasuna". Bien que le parti soit toujours légal en France, "en bloquant la vie quotidienne des responsables de Batasuna, c’est en fait l’activité du parti qui est visée".

Pour le militant abertzale "il s’agit d’un grave précédent puisque le juge Garzon peut prendre des initiatives basées sur les lois espagnoles, dans l’Etat français, sans qu’il y ait aucun moyen légal de recours".

"Notre argent est légal et déclaré" affirme le responsable qui nie farouchement que le moindre euro "d’argent sale" ait transité par leurs comptes, ce qu’avançait une partie de la presse, en particulier espagnole.

Situation des familles

"Nous vivons une histoire de science-fiction" argue Mirentxu Lako, qui parle au nom des familles, en tant que compagne d’un des militants. "Nous avons appris le blocage de nos comptes en lisant Sud-Ouest" souligne-t-elle.. Mirentxu Lako dénonce que les familles ne puissent subvenir à leurs besoins essentiels : transports, santé, scolarité etc. : "C’est tout l’entourage qui se retrouve sans ressources sans que nous en connaissions la raison" insiste-t-elle. Elle met en cause l’attitude des banques et cite nommément la Caisse d’Epargne, la Société générale, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel, La Poste et Bami qui refusent de leur donner la moindre information. La seule à le faire sera le Crédit Coopératif et c’est comme cela que les militants apprendront que leurs comptes sont bloqués sur Commission rogatoire du juge Garzon. Un blocage à "sens unique" puisque les personnes peuvent toujours y mettre de l’argent mais pas en retirer. Elle dénonce "l’attitude honteuse de la justice et des banques".

Gatuzain : comptes bloqués

Ione Josié, est intervenue au nom de la maison d’édition Gatuzain. Les membres de l’association ont eux aussi appris fortuitement le blocage des comptes de l’association. Elle souligne les nombreux problèmes au quotidien qu’entraîne ce blocage pour payer les factures et les traites.

Ione Josié rapelle "que depuis 10 ans, Gatuzain se fait l’écho de l’histoire sociale, politique et culturelle du Pays Basque et d’ailleurs"

"C’est une procédure arbitraire qui remet en cause la liberté d’expression" note la militante qui qualifie l’opération d’"illégalisation sournoise". "Le militantisme est en danger, ne rien faire, c’est laisser faire" conclut Ione Josié.

Mobilisations

Anais Funosa, pour Askatasuna met en cause la juge Laurence Le Vert qui aurait "une réelle volonté de mettre en place la stratégie d’illégalisation voulue par Garzon, alors qu’elle a la capacité de faire autre chose".

"Il est plus facile de tuer économiquement un individu qu’un parti politique" note la responsable. L’association anti-répressive dénonce "l’immense silence" dans lequel ces faits ont lieu. "Il n’est pas trop tard pour se mobiliser" lance-t-elle. "Les partis, les syndicats, les associations, les élus, toute la société civile doit se mobiliser", souligne Anais Funosa qui invite les organisations à envoyer une lettre à la juge Laurence Le Vert.

Askatasuna organise ce week-end un forum sur la répression et invite la population à "participer massivement" aux réunions publiques que l’association organisera dans les semaines qui viennent.


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