Hier et aujourd’hui sont présentées les avant-premières du film GAL un crime d’Etat de Miguel Courtois au cinéma Rex de Saint-Jean-de-Luz. Les 3 séances programmées étaient déjà complètes hier alors que la sortie officielle du film se fera le 7 mai.
Sans nul doute, le public va s’approprier ce film qui se fera le point de départ de ferventes discussions sur cette part de l’histoire du Pays Basque dont les plaies ne sont pas encore refermées.
Angle mort
Le réalisateur, qui ne souhaitait pas faire un documentaire, a opté pour un angle particulier, celui des rapports entre la Justice, l’Etat, les journalistes et les pressions que ces derniers subissent dans leurs investigations dans les secrets d’Etat.
Certaines scènes des attentats perpétrés par le Groupe Antiterroriste de Libération vont rappeler aux spectateurs l’ambiance oppressante de l’époque. De par quelques longueurs, le film retranscrit par ailleurs les zones d’ombre persistantes sur une affaire qui n’est encore pas aujourd’hui élucidée.
Les discussions amorcées seront alors bienvenues dans ce que l’on appelle le "devoir de mémoire", que la société civile basque - et plus si affinités - se doit de conserver comme partie prenante de son histoire.
Loin d’être une vérité générale ou un hommage aux victimes, la production a le mérite d’ouvrir la "voix" et de réveiller les mémoires.
Via les écrans et plus de 20 ans après le début des faits, les vieux démons de la "guerre sale" resurgissent dans le milieu militant encore meurtri par ces durs souvenirs mais aussi des méthodes actuelles de répression.
Miguel Courtois, qui semble faire du problème politique basque un sujet de prédilection, aura matière à traiter le tumulte politico-répressif des Etats dans de prochaines mises en scène.
L’exposition de photos d’époque de Daniel Velez au Bar Battela vient compléter de manière percutante l’actualité des années 80.