Les agents de la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des fraudes) ont manifesté hier et procédé à la distribution de tracts devant le Colloque européen sur "Internet et consommation" qui se tenait à Biarritz hier à l’initiative de la direction générale. Ils mettent en cause la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui leur pose "des incertitudes quant à l’avenir du service face aux restructurations". "L’Etat se réorganise au niveau régional, ce qui amplifie les menaces sur notre organisation départementale" résume Bernard Latute, représentant l’intersyndicaleCGFT/CFDT/FO/SNU.
Les salariés, venus du Pays Basque, de Pau et de Bordeaux craignent pour la pérennité de leurs missions. Celles-ci sont multiples et complexes. La DGCCRF intervient en prévention et en réaction. Elle réagit aux alertes sanitaires (listeria, salmonelle, grippe aviaire, jouets ou produits de consommation dangereux etc.) mais aussi aux plaintes des consommateurs, en forte augmentation avec l’arrivée de nouveaux services (commerce sur internet, téléphonie, etc.). Enfin, elle peut être saisie par les pouvoirs publics (par exemple pour constater la hausse des prix).
L’administration est chargée de la "protection économique du consommateur", que ce soit sur la présentation des produits, l’information donnée, les allégations de l’étiquetage et le contrôle des labels. Elle intervient en cas de litige sur les voyages, le démarchage à domicile, le crédit etc. Elle s’applique à ce que les règles régissant la concurrence soient respectées et est chargée de la sécurité du consommateur pour les produits alimentaires.
Des missions multiples
La DGCCRF contrôle les restaurants (étiquetage des produits, hygiène, etc.), et vérifie aussi les produits chimiques et phytopharmaceutiques.
En Pays Basque, ils ne sont que neuf salariés pour contrôler un territoire sensible, du fait de son caractère touristique. Le Rapport Attali propose de créer une Autorité unique de la concurrence qui, d’après les syndicalistes, "amputerait la DGCCRF d’une partie de ses enquêteurs". Ils s’inquiètent des dispositions de la RGPP qui supprimerait certaines directions départementales. Pour l’intersyndicale, il s’agit d’une "attaque du service public des consommateurs". Elle se prononce contre "un dessaisissement aux profits d’instances indépendantes cumulant de façon antidémocratique des pouvoirs d’enquête, d’instruction et de sanction". Les salariés veulent le maintien "d’un service public de proximité au service des consommateurs".