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Le JPB > Sujet à la une 2008-04-16
Les ikastola ouvrent samendi leurs portes au grand public
·Une majorité d’ikastola du Pays Basque Nord seront ouvertes au public ce samedi 19 avril

Les ikastola du Pays Basque nord organisent ce week-end leurs journées portes ouvertes. L’occasion, pour celles et ceux qui ne connaissant pas encore bien le système immersif d’enseignement en basque, d’avoir une vision de l’intérieur. Les ikastola ont en effet bien changé depuis les premières créations de ces écoles, il y a de cela trente-cinq ans, par des parents pionniers qui ont décidé de prendre en main l’apprentissage et la transmission de la langue basque, dans une situation où inexorablement, celle-ci déclinait.

De la maternelle au lycée

Aujourd’hui, il existe 25 ikastola dont 21 écoles couvrant la scolarité de la maternelle au primaire (les ikastola accueillent les enfants à partir de deux ans) complétées dans le secondaire par trois collèges, dont le nouveau collège flambant neuf Piarres Larzabal de Ciboure et le lycée Etxepare à Bayonne.

L’ikastola est une école sous contrat d’association avec l’Education nationale, qui salarie les enseignants. Les programmes dispensés sont les mêmes que ceux du secteur public, soumis aux mêmes exigences et contrôles. Mais ce n’est néanmoins pas une école publique, puisque des frais de scolarité sont demandés aux parents. Chaque ikastola fixe une grille tarifaire, la moyenne des frais se situant aux alentours de 20 à 40 euros par mois, le tarif étant dégressif suivant le nombre d’enfants accueillis.

Des résultats encourageants

La méthode d’enseignement dispensée est basée sur l’immersion. Dès leur arrivée à l’ikastola, les enfants sont directement plongés dans un bain bascophone. La langue française sera introduite progressivement à partir du CE1. En fin de primaire, l’enfant maîtrise les deux langues, à l’oral comme à l’écrit. Des résultats qui se confirment avec le temps, puisque les résultats des élèves aux examens sont équivalents, voire supérieurs à ceux des autres filières. Ainsi au Bac, l’Académie obtient un résultat de 88,40%, les ikastola 88,97%. Pour le Brevet, ce taux passe de 85,90% de réussite dans les filières classiques à 90,39% pour les enfants issus des ikastola.

Les ikastola sont, il faut le souligner, les premières écoles à avoir intégré, en milieu ordinaire et en basque, les enfants handicapés, bien avant que la Loi de 2005 ne vienne sacraliser ce droit aujourd’hui reconnu, mais encore mal appliqué.

Journées portes ouvertes

L’objectif de ces portes ouvertes, est tout d’abord de dépasser les clichés entretenus sur les ikastola, grâce à des visites personnalisées, pendant lesquelles les parents peuvent poser toutes les questions qui leur tiennent à c¦ur.

Les ikastola mettent en avant leur bilan et leur structuration propre. Ainsi les effectifs par classe sont moindres que dans les autres filières : ils oscillent entre 9 et 15 élèves. Les enseignants et parents d’élèves trouveront les réponses appropriées aux doutes parentaux. Par exemple, l’ikastola de Biarritz fait savoir que 60% des parents d’élèves de cette école ne sont pas bascophones.

La pédagogie, si elle suit les grandes lignes tracées par l’Education nationale, reste néanmoins propre à la structure. Les ikastola se veulent ouvertes sur le Pays Basque et ses cultures, mais aussi sur le monde. D’où une pédagogie qui privilégie la proximité, la découverte de l’environnement et de la nature ou l’apprentissage de l’autonomie.

Enfin, les ikastola promeuvent l’avantage certain que représente la maîtrise de la langue basque pour l’emploi, dans un contexte où les relations transfrontalières sont amenées à se développer. Autant d’atouts qui devraient séduire les parents les plus exigeants.



Journées portes ouvertes mode d’emploi
Les journées portes ouvertes, ont lieu ce samedi matin à partir de 9h dans les ikastola suivantes : Ascain, St-Palais, Anglet, Saint-Jean-de-Luz, Garazi, Hasparren, Hendaye, Cambo, Ortzaize,Sare et Urrugne.

Dans chaque ikastola, une visite personnalisée des locaux est organisée par les enseignants et les parents d’élèves. Ceux-ci sont là pour répondre "le plus clairement possible" à toutes les questions que peuvent se poser les parents, en établissant une relation de proximité. A ce moment-là, tout peut être abordé: la question des effectifs, la pédagogie utilisée, le suivi éducatif, le financement, le problème des parents non bascophones etc.

En général, la visite se termine par un petit potéo. Ce jour-là, certaines ikastola ont mis en place des animations spécifiques. Ainsi à Ascain, le projet pédagogique de "Course de voitures" sera finalisé et présenté au public, avant la visite des nouveaux locaux qui seront opérationnels à la rentrée prochaine. Les parents ne pouvant se rendre à cette journée, mais néanmoins désireux d’en savoir plus, peuvent contacter la fédérationSeaska au 05 59 52 49 24 qui leur indiquera comment contacter l’ikastola la plus proche de leur domicile.



Conférence de Gilbert Dalgalian, sur les avantages du bilinguisme précoce
Dans le cadre de ses journées portes ouvertes, l’ikastola de Biarritz fait venir cet après-midi à 16h30 à la médiathèque de Biarritz, un linguiste de renom qui animera une conférence sur "Les avantages du bilinguisme précoce". Ce docteur en linguistique d’origine arménienne a toujours vécu dans un milieu bilingue franco-turc. Il participe à la revue Education et sociétés plurilingues et est l’auteur de plusieurs ouvrages traitant de la question linguistique. Son parcours lui a servi à remettre en question les conditions de l’enseignement des langues, mais aussi à prôner l’ouverture tous azimuts de l’école vers le monde extérieur. Gilbert Dalgalian a beaucoup travaillé sur l’apprentissage précoce des langues. Il s’est appuyé sur des études faites par IRM qui ont mis en évidence que la structure d’un enfant bilingue précoce (entendre avant 7 ans) stimule une aire nommée "aire de Broca", dans laquelle l’enfant mutualise les ressources inhérentes à chaque langue. Un enfant non bilingue devra, lui, créer une seconde aire de Broca pour apprendre une seconde langue.

Il a aussi mené des études comparatives concernant l’apprentissage de l’anglais entre les élèves des Diwan (les écoles bretonnes) et ceux de classes monolingues. Il a constaté une plus grande spontanéité de parole chez les bilingues. Chez les 3es, il semble que le bilinguisme favoriserait l’apprentissage d’une troisième langue. Il a aussi travaillé sur les parents non bilingues d’enfants scolarisés en immersion. D’après ses conclusions, il n’est pas important que les parents soient eux-mêmes bilingues, mais il est par contre fondamental qu’ils adhèrent au projet de bilinguisme, la motivation de ses parents suffisant à assurer la construction linguistique de l’enfant.


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