Exit la "prime antigrève". Saisi par la CFDT, le Tribunal de Grande Instance de Dax a annulé hier le "contrat de garantie de permanence de prestation" proposé par GTLogistics à ses salariés le 12 février dernier. Ce contrat avait alors fait grand bruit : il proposait aux employés de la société une avance de 1000 euros, avance qui pouvait être retirée en cas d’absence au travail.
L’accord, présenté en période de grève alors que les négociations pour des revalorisations salariales piétinaient, a été tout de suite dénoncé par le syndicat comme une "tentative de rachat du droit de grève". La quarantaine d’employés l’ayant alors signé avaient d’ailleurs immédiatement repris leur activité.
Le juge des référés a donc donné raison à la CFDT en annulant ce contrat, rappelant que "le droit de grève est un droit fondamental d’ordre public auquel nul ne peut renoncer par avance". Cette affaire de monnayage du droit de grève est un précédent, et fait dire à Michel Larralde, secrétaire de la CFDTPays Basque, que "les conséquences de cette décision dépassent le simple cadre de GTLogistics".
Reste maintenant à savoir ce qu’il adviendra de la prime de 1000 euros pour ceux qui avaient signé le contrat. Il faut s’attendre à une négociation avec la direction. Mais on imagine mal celle-ci retirer ce qu’elle avait présenté à ses salariés comme une récompense.