Le Conseil général trébuche dès la première séance, tenue hier
·La première assemblée de la nouvelle mandature a laissé apparaître des points de discorde entre tous les partis
La sérénité n’est pas le mot le plus adapté à la situation. L’assemblée du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques est dans une situation de blocage. La première séance de la nouvelle assemblée départementale qui s’est tenue hier est de mauvais augure pour la suite de la mandature. Du "consensus" affiché par tous les partis de l’assemblée, au dialogue de sourds persistant dans les couloirs, l’écart est grand.
"Consensus" a été le maître mot de Jean Castaings, le nouveau président UMP du Conseil général, lors de son discours d’introduction. "Il faut trouver un point d’accord" a rétorqué Georges Labazée, le conseiller socialiste. "Il faut une formule partenariale" a renchéri Jean-Jacques Lasserre, l’ancien président MoDem de l’assemblée. Et Max Brisson (UMP) de reprendre les propos de J. Castaings, son camarade de parti. La bonne volonté était donc apparente.
Mais le consensus n’est pas allé au-delà des discours. Aussitôt après les avoir prononcés, les conseillers se sont cloîtrés dans leurs bureaux, pour s’évertuer à trouver des points d’accord. La séance a repris en fin de journée et a entériné la modification apportée au règlement intérieur. Elle porte sur le nombre de commissions. Ainsi, elles sont passées de sept à dix. Par conséquent, demain, le groupe de gauche exigera la présidence de la moitié des commissions, puisqu’il représente la moitié des sièges. Il s’agit du "point d’accord" formulé par les socialistes.
Désaccord
Le règlement intérieur réserve toutefois un point de désaccord qui a poussé les socialistes à recourir auprès du Tribunal Administratif. Il s’agit du mode de vote. Les socialistes craignent que Jean-Jacques Lasserre se serve d’un article qui permet, dans certains cas, le vote public. Ce mode d’expression lui donnerait plus de poids dans les situations d’égalité des votes exprimés.
Il est bien là le point de discorde. Dans le pouvoir de l’ancien président. Au début, on évoquait un poste de délégué général, qui n’était pas légal. Aujourd’hui, on parle de "fonctions avantageuses", c’est-à-dire, de délégations-clés. C’est l’idée que se fait J.-J. Lasserre de "la formule partenariale".
Mais à droite tout le monde ne le suit pas. L’idée de former un groupe UMP persiste. Et dans le camp du MoDem, les réticences de leurs confrères n’ont pas bonne presse. "Il y a quinze jours, ils disaient qu’ils allaient laisser la voie ouverte à Lasserre, et voilà qu’ils demandent plus de poids", entend-on. Et à gauche, l’ouverture affichée de Jean Castaings a laissé place aux désillusions. Son "consensus" ne convainc décidément pas tout le monde.
Iriart à l’écart
Dans cette confusion, Alain Iriart préfère rester à l’écart. Le conseiller du canton de Saint-Pierre-d’Irube ne fera partie d’aucun groupe. Il devait l’annoncer lors de la séance de l’après-midi, mais ses obligations de maire l’en ont empêché. "Je ne me placerai pas dans l’opposition" a expliqué l’abertzale, "je souhaite travailler avec Jean-Jacques Lasserre, mais en ce moment les choses ne sont pas claires".
Iriart voit son rôle sur deux plans : la politique générale et les questions inhérentes au Pays Basque et à son canton. Pour ces dernières, il espère le soutien de certains conseillers, "je veux former un sous-groupe de travail pour diffuser mes idées". Des idées qui lui tiennent à c¦ur qui se "glisseraient à travers les fissures" des clivages politiques.
Il dit ne pas savoir dans quelle commission il travaillera. Cependant, il veut ¦uvrer au service de la culture, de l’économie et de l’environnement. "Pour faire avancer mes idées, je ne veux pas rester seul. Je veux participer et défendre les préoccupations de mon canton et ceux du Pays Basque".
Une majorité départementale désuète
La "majorité départementale" servait à identifier de nombreuses combinaisons électorales, il y a tout juste un mois. Aujourd’hui, cette formule ne veut plus rien dire. Bien qu’il semble que J. J. Lasserre (MoDem) et Max Brisson (UMP) aient gardé de bonnes relations, certains camarades de parti ne les suivent pas. Les UDF rechignent à suivre les MoDem et certains UMP ne "veulent pas faire de cadeau" à Lasserre.
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