Grandir à son rythme
Laisser son enfant grandir à son rythme, voilà un v¦u pieux de plus en plus difficile à tenir aujourd’hui. "L’importance de l’enfant est telle que les parents ne supportent aucun échec ni retard dans son évolution", explique Marcel Sanguet. Le psychologue, spécialisé dans l’enfance, animera une réunion débat sur le sujet ce soir de 19h à 21h au centre de loisirs Cam de Prats à Bayonne, ouverte à tous.
Selon sa personnalité, chaque enfant développera plus ou moins vite sa motricité, son langage et ses fonctions intellectuelles. Grandir à son rythme, c’est respecter le temps de cette évolution, différente d’un domaine à l’autre. "Le problème, c’est qu’on est dans une société de plus en plus normative : les parents craignent de voir leur enfant en retard, s’il ne parle pas au même âge que l’enfant des voisins par exemple" constate le psychologue, auteur du livre Parents, vous êtes de formidables éducateurs !. Nombreux sont ceux qui angoissent lorsque leur bambin ne marche pas à leur premier anniversaire, alors que 90% des enfants se dressent sur leurs pieds entre 12 et 18 mois.
Laisser l’enfant grandir à son rythme, c’est donc ne pas forcer les choses. "Il faut laisser à l’enfant le temps de régresser, et même de s’ennuyer" rappelle Marcel Sanguet. "Aujourd’hui, on veut absolument voir son enfant s’activer, remplir tout son temps. On le stimule trop. Et après, on se plaint d’avoir des gosses hyperactifs !".
Bref, quand le petit se met à sucer son pouce au lieu de saisir ce jouet qu’on lui tend frénétiquement, c’est peut-être juste sa manière à lui de demander qu’on le laisse tranquille.
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