Les salariés de Turbomeca de Tarnos et Bordes maintiennent la pression
·Plus de 1 000 grévistes ont répondu à l’appel des syndicats à manifester sous les fenêtres de la direction
Ce sont plus de 1000 salariés de Turbomeca qui ont manifesté hier sous les fenêtres de la direction à Bordes. Les salariés de Tarnos et de Bordes avaient organisé cette manifestation car au même moment devait se tenir une réunion avec la direction. Finalement, celle-ci ayant fait défaut, la réunion prévue n’a pas eu lieu et devrait se tenir aujourd’hui. Les salariés sont en grève quotidiennement depuis le 14février dernier, organisant chaque jour des débrayages de deux heures à l’appel des syndicats CGT et FO. Leurs revendications sont axées sur la perte du pouvoir d’achat avec une demande d’augmentation générale des salaires. Bien que l’entreprise affiche de beaux profits, d’après les syndicats la direction ne proposerait qu’une augmentation générale inférieure à l’année dernière, qui ne couvrirait pas l’augmentation du coût de la vie.
Politique industrielle
Les salariés soulignent que l’un des actionnaires principaux du groupe Safran, qui détient Turbomeca est l’Etat et qu’il doit "prendre ses responsabilités". La CGT et FO demandent l’embauche des travailleurs intérimaires, dans un contexte où les commandes en moteurs neufs ont "pratiquement doublé" en quelques années. Ils s’attendaient donc "à une véritable explosion des emplois". Une espérance vaine puisque, à l’échéance 2011, se profile une diminution de 150 EQTT (équivalents temps travaillés). Ils mettent en cause la politique industrielle du groupe qui recentrerait les activités de Turbomeca sur un seul secteur : les turbomoteurs, alors que jusqu’à présent existaient cinq lignes de produits (turboréacteurs, propulseurs etc.). Ils mettent en cause l’externalisation de la production, qui fait qu’aujourd’hui Turbomeca n’entre plus qu’à 35% dans la fabrication du produit fini. Les syndicats qualifient l’entreprise de "poumon économique" et mettent en avant les répercussions sur l’emploi, alors qu’un emploi à Turbomeca représente quatre emplois à l’extérieur de l’usine. La CGT et FO demandent à ce que "l’argent dégagé", "serve à autre chose qu’à assouvir les énormes appétits financiers et que celui-ci soit investi en salaires, en investissement industriel et participe à résorber le chômage dans notre région en créant des emplois". En attendant que la direction fasse un pas en direction des grévistes, ceux-ci maintiennent leur mouvement de grève quotidien.
|