Pékin 2008
Hu Jia condamné à trois ans et demi de prison
La Chine a condamné hier Hu Jia à 3,5 ans de prison, deuxième sanction sévère à l’encontre d’un dissident à quatre mois des jeux Olympiques, qui a provoqué l’irritation d’une partie de la communauté internationale.
Hu Jia, l’une des voix les plus critiques du régime communiste, était accusé de tentative de subversion du pouvoir de l’Etat. "Il a été reconnu coupable", a déclaré l’un de ses avocats. L’agence officielle Chine Nouvelle a annoncé le verdict en parlant du "crime" commis par le dissident qui a aussi été privé de ses droits politiques pour un an. "C’est injuste. Leur preuve, c’est qu’il a publié sur l’internet 5 articles qu’il avait écrits et donné 2 interviews avec la presse étrangère, ce n’est pas juste", a déclaré sa femme Zeng Jinyan, en pleurs, à sa sortie du tribunal.
Hu Jia, 34 ans, avait été jugé le 18 mars en quelques heures par la première cour intermédiaire de Pékin. Il s’agit de la deuxième condamnation à la prison d’un opposant chinois en 10 jours, après celle de Yang Chunlin, qui avait fait diffuser une lettre ouverte intitulée "Nous voulons les droits de l’Homme, pas des jeux Olympiques".
Arrêté en décembre alors qu’il était en résidence surveillée, le militant avait dénoncé le non-respect par Pékin de ses engagements en faveur des droits de l’homme, pris pour obtenir l’organisation des JO. Dans un écrit en septembre avec son ami Teng Biao, professeur de droit, il avait averti les étrangers qui se rendraient à Pékin pour les Jeux (8-24 août) : "Vous ne savez peut-être pas que cet enthousiasme, ces sourires, cette harmonie et cette prospérité sont fondés sur l’injustice, les larmes, l’emprisonnement, la torture et le sang". "Nous prions pour que les JO se déroulent dans une Chine libre", concluaient-ils.
A l’annonce du verdict, l’Union européenne a de nouveau réclamé sa libération. "Nous sommes consternés par cette condamnation", a déclaré la porte-parole de l’ambassade américaine à Pékin. Pour Amnesty international, le verdict constitue "un avertissement pour les autres activistes". Reporters sans frontières a dénoncé une "provocation" et une "justice aux ordres des autorités" à quelques mois des JO. "La Chine est un pays de lois. Chacun est égal devant la loi, il ne nous est pas possible d’arrêter l’application de la loi en raison des JO", a rétorqué une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
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