Demain, ouverture de la Cité de la voile Eric Tabarly
·Elle prend place sur l’ancienne plus grande base sous-marine allemande
La Cité de la voile Eric Tabarly ouvre demain à Lorient sur le site de l’ancienne plus grande base sous-marine allemande de l’Atlantique, reconvertie en pôle de la course au large, où les F1 des mers viennent rôder leurs hautes technologies à côté des bunkers géants. "L’ouverture de la Cité de la voile Eric Tabarly marque la renaissance d’un site à l’origine de la destruction de Lorient pendant la guerre et que, en dix ans, nous avons reconverti en pôle de course au large de dimension européenne", affirme le maire Norbert Métairie (PS).
Le bâtiment en forme de vague, posé au bord de l’eau devant trois immenses bunkers de 100 mètres de long, espère attirer 100 000 visiteurs par an avec son simulateur de course, ses embarquements immédiats en mer et ses reconstitutions de voiliers de haute mer. La base, abandonnée en 1997 par la Marine nationale, accueille déjà de grands noms de la voile, comme Franck Cammas ou Alain Gautier, pour préparer les prochaines courses, du Vendée Globe à la Coupe de l’America.
Perte de vitesse de la pêche
"Il y a dix ans, la pêche n’allait pas fort, les commandes de l’Arsenal se tarissaient, le bassin avait perdu plus de 5 000 emplois, dont 1 500 avec le départ des militaires. On a voulu rebondir en utilisant ce vaste site de 27 hectares et notre savoir-faire en réparation navale", témoigne M. Métairie. A la fin 2009, 62,5 millions d’euros auront été investis par l’Union européenne, l’Etat et les collectivités dans la reconversion du site, dont 21 millions pour la Cité, selon l’agglomération.
Vingt entreprises de nautisme, dont 8 "écuries" de course, employant 450 personnes, se sont installées sur l’ancienne base sous-marine et d’autres projets sont annoncés, affirme la communauté des communes. Ces entreprises de pointe y trouvent l’espace nécessaire à la construction des "Formule 1 des mers", notamment les multicoques, qui manque à Port La Forêt (Finistère) ou La Trinité-sur-Mer (Morbihan), les deux ports concurrents en nautisme. "C’était le seul endroit où nous pouvions assembler le bateau de 40 mètres que nous préparons. Il y a une demande pour les grands voiliers. Il n’y a qu’à Lorient qu’on trouve des possibilités de manutention de tels engins, grâce au port de pêche", deuxième de France, explique Hubert Desjoyaux, directeur technique de la société Keroman Technologie, qui a ouvert une filiale à Lorient à l’automne.
"Les pièces sont fabriquées dans les alvéoles des bunkers de l’ancienne base puis assemblées dans des hangars montés à côté", ajoute le frère du navigateur Michel Desjoyaux. Et c’est entre les bunkers et l’épave à demi immergée d’un bateau coulé par les Allemands que les marins testent ensuite leurs bolides de haute technologie.
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