Pas de quoi décourager le cortège toutefois, soutenu par quelques parents d’élèves de l’école maternelle Charles Malegarie. "Nous avions commencé à 60 pour la loi Pécresse" signale Maitane, en première au lycée Cassin, qui espère faire de ce premier mouvement local un élément déclencheur.
Mathilde, en seconde SMS à Lauga, ne sait pas exactement dans quelle mesure son établissement sera touché, et pour cause : "les proviseurs refusent de nous en parler. Les profs nous soutiennent, les surveillants et les TOSaussi, mais les proviseurs sont plus que loyaux envers l’Etat" estime-t-elle. "A Lauga, nous sommes menacés d’être renvoyés si on organise une AG, parce que c’est politique, nous dit-on" s’indigne une élève.
Le groupe, réduit mais motivé, a donc entamé sa marche de protestation peu après 10h30, derrière une banderole bilingue "hezkuntza ez da merkantza bat, l’éducation n’est pas une marchandise". Après avoir traversé le pont Saint-Esprit et tourné au quai Dubourdieu, ils ont remonté la rue de la Tour de Sault. C’est le moment choisi par les lycéens pour sanctionner la politique du ministre de l’éducation d’un carton rouge. Plus tard, un chant a raisonné rue d’Espagne :"gare à toi Darcos, tu t’attaques aux gosses, tu l’auras dans l’os". Les rimes, originales, n’étaient pas fausses.
La manifestation s’est conclue par un sit-in de quelques minutes devant la mairie. La poignée de policiers qui a encadré le défilé pousse les lycéens à n’occuper qu’une file de la route pour ne pas gêner la circulation. "Policier, gare à toi, car ta suppression viendra !" répondent les jeunes défenseurs du service public.