Pressé par les évènements qui se sont enchaînés après l’annonce du départ à la fin de la saison du trio d’entraîneur Elissalde, Péméjé et Beltran, le président de l’Aviron Bayonnais, Francis Salagoïty, a décidé de mettre les choses au points et de clarifier la situation. S’il ne sait pas qui remplacera le trio d’entraîneur, il affirme que cette annonce n’aura aucune incidence sur le rendement de l’équipe. Que c’est finalement la logique d’un rugby professionnel ou l’on gère un club comme une entreprise.
Pourquoi avoir pris une telle décision alors que la saison est loin d’être terminée?
J’ai décidé d’avancer cette annonce qui devait être communiquée au 15 avril après le match contre le Stade Français. Jf Beltran avait devancé en annonçant qu’il ne souhaitait pas continuer à l’Aviron. J’ai dit à Xavier Péméja que le bail de trois ans que nous avions allait se terminer. Je crois que c’est tout simplement le professionnalisme qui veut ça. J’aurais pu effectivement attendre le 25 juin, mais je crois que par respect pour les personnes il convient de dire les choses à temps.
Le staff sportif dans son ensemble avait participé au maintien de l’aviron dans le top 14, d’où la raison également d’indiquer à l’ensemble du staff sportif qu’il ne serait pas reconduit à la fin de la saison. Il vaut mieux que les choses soient claires plutôt que d’entendre des sous entendus comme on peut en lire dans la presse.
Est-ce un conflit personnel avec Jean Pierre Elissalde qui a précipité cette annonce?
Je ne suis pas un homme de conflit et je n’ai de conflit de personne avec personne. La preuve c’est que sur le terrain aujourd’hui, il y a trois personnes, exactement les mêmes personnes qui étaient là la semaine dernière, les mêmes qui sont là depuis six mois.
N’y a t’il pas un risque de déstabiliser l’équipe ?
Au contraire, est ce que ça ne peut pas être un élément fédérateur ? Etait-ce le bon moment. On verra à la fin de la saison si c’était la bonne décision.
Mais les entraîneurs auront-ils le même pouvoir sur les joueurs, la même motivation ?
Le trio d’entraîneurs a toujours ma confiance pour finir la saison et j’ai estimé que leur maintien assure l’avenir du club. Elissalde, Beltran et Péméja, sont pour l’instant dans les objectifs que le club s’était fixés. C’est ensemble qu’ils vont faire en sorte que les objectifs soient atteints à la fin de la saison. ce n’est pas parce qu’on leur dit qu’à la fin de la saison on passe à autre chose qu’ils ne doivent plus penser au présent. Et le présent est d’assurer la continuité, des objectifs du club. C’est le rugby professionnel. Aujourd’hui le rugby s’est exactement comme le monde de l’entreprise. Il faut les gérer de la même façon d’un point de vue social et si l’on a du respect par rapport aux gens on leur dit les choses en temps utile et en temps voulu.
Comment les joueurs ont pris la décision?
Ce sont des pros et s’il n’y avait pas eu un certain débordement médiatique il n’y aurait pas eu d’information particulière. Rien a changé pour les joueurs. Ils ont aujourd’hui le même trio d’entraîneur qu’ils avaient la semaine dernière. J’ai dit ce matin au joueur que l’important c’est le présent et la réception de Paris. On sait qu’on a un match très difficile, il faut qu’on soit tous mobilisés et faire en sorte que chacun travail dans la sérénité pour se donner les moyens de faire un bon match et pour prendre les points qu’il faut pour être sécurisé sur notre avenir.
Cette décision de changer de staff est une volonté de faire passer une nouvelle étape à l’Aviron Bayonnais ?
On en parlera quand on aura assuré le présent. Il y a des matchs à gagner pour assurer notre place en Top 14 après on aura tout le temps de parler de l’avenir. Ne mettons pas la charrue avant les b¦ufs. Il y en a qui l’on fait l’année dernière et on voit ou ils sont aujourd’hui. Donc soyons raisonnables.
Justement, quelle différence il y a entre Agen l’an dernier et Bayonne aujourd’hui?
Je sais pas je n’étais pas au SU Agen l’an dernier
Ils devaient être neuvième et assez tranquille?
Peut-être que nous on est neuvième mais qu’on est réaliste et on ne se dit pas tranquille. On a les mêmes ambitions qu’en début de saison, c’est le maintien et essayé de finir à la huitième place.
Avez-vous quelque chose de concret concernant le recrutement des nouveaux entraîneurs?
Aujourd’hui je ne suis pas prêt à annoncer quoi que ce soit car je n’ai rien. Il y a des contacts et des rendez-vous qui vont se faire mais ce que j’ai souhaité c’est que les coachs et les joueurs aient l’esprit libre pour le présent. J’espère cependant avoir très vite le nom des futurs entraîneurs.
C’est quand même urgent, car ils devront participer au recrutement des joueurs. Un marché des transferts qui s’agite beaucoup actuellement. Comment allez vous gérer cette période?
Mon rôle est d’entretenir les pistes, de faire avancer les dossiers. Ensuite ces dossiers seront validés par le staff sportif de la saison prochaine. Comme je l’ai fait depuis huit ans, auncun joueur n’est venu à l’aviron contre l’avis des entraîneurs en place et contre l’avis du président, ils sont tous venus après des décisions collégiales et je continuerai a fonctionner de la même façon.
Seront-ils deux ou trois sur le banc l’an prochain?
On s’orienterait plutôt vers deux entraîneurs.
Jean-Pierre Elissalde était arrivé pour vous soulager du sportif, est ce dire que vous allez reprendre en main ce secteur?
Il peut effectivement y avoir également une réorganisation administrative.
Vous l’avez dit, le rugby est professionnel et il faut gérer des gens sous contrats. Quand est ce que les joueurs seront fixés sur leur avenir?
J’ai dit au joueur que d’ici au 15 avril ils sauront quels sont ceux qui seront bayonnais l’an prochain et ceux qui devront explorer d’autres pistes.
Avez-vous proposé une autre mission à Jean-Pierre Elissalde qui est sous contrat jusqu’en 2009 ?
Il y a des choses à faire à l’intérieur du club. Il n’y a pas que l’équipe première et le groupe professionnel. A partir du moment ou les gens ont des compétences je ne vois pas pourquoi le club s’en priverait. Il y a d’autres missions qui doivent être remplies à l’Aviron Bayonnais. Mais je ne suis pas tout seul à décider, il y a également le conseil d’administration, le président du rugby amateur. Tous ça est un ensemble et il faut que je parle des différentes éventualités avec les différentes personnes.
L’Aviron va renforcer le secteur de la formation ?
Il y a beaucoup de chose à mettre en place que ce soit au niveau des structures immobilières des infrastructures, au niveau de la détection et de la formation. L’Aviron a refait un peu de son retard dans le monde professionnel. En parallèle, la détection et la formation, c’est un secteur dans lequel je souhaiterais que le club puisse mettre un peu plus de moyen (humain, financier et structure). Il faut aussi du temps. Montpellier ça fait 10 ans qu’ils sont sur le centre de formation, ils en ont les fruits aujourd’hui. Cette année on a fait signer un contrat au jeune Elgoyen, le petit Lopez est sorti du centre de formation dont sont sortis également Heguy, Inigo, Iginitz et Marmouyet.
Le sujet est clos concernant Elissalde, Péméja et Beltran ?
Il est clos, et je serais le seul à m’exprimer sur ce sujet. Jean-Pierre Elissalde ne s’exprimera plus à ce propos. Bien sûr le vestiaire bayonnais reste ouvert à la presse et il n’y aura pas d’entraînement à huis clos.