Gara: Latest news - Printed edition  |  Le Journal |  Documents
Google
EUS | ES | FR | ENG
 » PRINTED EDITION
  - Index
  - Sujet à la une
- Basque Country
- Local
- Opinion
- Culture
- Sports
 » DOCUMENTS
 » Hemeroteka
Le JPB > L'opinion > Un coup d'oeil sur 2008-03-26
19 mars 2008 / écrit par Marc Laimé
La marchandisation de l’eau s’accélère

La communauté internationale célèbre le 20 mars 2008 (1), sous l’égide de l’ONU, la 15e "Journée mondiale de l’eau". L’absence d’accès à l’eau affecte 1,1 milliard d’êtres humains ; l’absence de moyens sanitaires de base touche 2,6 milliards de personnes. Paradoxalement, alors que les premières étapes de la marchandisation de ce bien commun ont suscité de fortes mobilisations populaires sur les cinq continents, le mouvement mondial de libéralisation des marchés de l’eau, initié dans les années 1980, semble s’accélérer.

La "libéralisation" des marchés de l’eau s’est au départ fortement inspirée du "modèle français" : le partenariat-public-privé (PPP). Un dogme s’affirmait avec force : la puissance publique est défaillante ; le recours au secteur privé est indispensable ; la bonne gouvernance repose sur le trépied de fer dérégulation,décentralisation, privatisation; les services de l’eau ont un coût, qui doit être payé intégralement par les usagers.

Dans ce cadre, les signatures de contrats avec des grandes métropoles du Sud se succèdent à un rythme impressionnant. Mais les conflits surgissent dès la moitié des années 1990, quand les opérateurs privés entendent faire payer des usagers fraîchement raccordés, qui n’ont ni la culture du paiement d’un bien jusqu’alors largement subsidié par la puissance publique, ni, le plus souvent, les moyens de payer. De nombreuses luttes se succèdent sur les cinq continents. La tenue des premiers grands forums altermondialistes publiciste le thème du refus de la "marchandisation" de l’eau.

Le discours évolue à l’aube des années 2000, le recouvrement soutenable des coûts succède au recouvrement intégral. Place à l’ingénierie sociale et politique. Les engagements largement médiatisés de la communauté internationale se succèdent lors de la tenue de forums qui s’enchaînent à un rythme soutenu. Sommet du Millénaire pour le développement à New York en 2000, Sommet de la Terre à Johannesbourg en 2002, Troisième Forum mondial de l’eau à Kyoto en 2003. Le rapport du "panel" Camdessus publié en juin 2003 martèle que l’engagement financier pour fournir de l’eau à tous à l’horizon 2025 doit atteindre la somme phénoménale de 180 milliards de dollars par an. Il appelle à une plus grande implication des acteurs locaux : collectivités, communautés de base, ONG..., au nom de l’"empowerment".Qui consiste à conférer un réel pouvoir de décision à la société civile. Conjointement, on envisage de nouveaux crédits consentis par les institutions financières internationales (IFI). De nouvelles normes d’organisation ou de gestion sont mises en avant, impliquant de façon croissante des acteurs extra-étatiques, privés ou associatifs, dans des dispositifs de plus en plus décentralisés. Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.Le PPP apparaît pour ce qu’il est en réalité : une branche industrielle prestataire de services dont la gestion échappe à la sanction du marché.


Print
 
...More news
Sujet à la une
"Je crois que c´est tout simplement le professionnalisme qui veut ça"
Pays Basque
Des lycéens d’Hasparen installent une pompe à eau dans un village sénégalais
Culture
Le Conservatoire Maurice-Ravel et ses élèves honorent Maurice Ohana
Pays Basque
Pré-alerte de crue en Navarrre
Pays Basque
Encore un effort pour Integrazio Batzordea
Pays Basque
Les syndicats se mobilisent "pour l´avenir des retraites"
  © 2006 Baigura | Contact | About us | Advertise Sarean zer |