Trois organisations syndicales, la CGT, la FSU et Solidaires invitent les salariés et les retraités à se mobiliser le 29 mars à 10 h 30 place de la Liberté à Bayonne en vue de défendre "l’avenir" des retraites.
En effet, aujourd’hui à Paris commence une nouvelle phase de rencontres sur l’avenir du système de retraites. Ce ne sont pas des négociations, mais des "rencontres bilatérales" entre chaque syndicat et le gouvernement. D’après les organisations de salariés, celui-ci veut "confirmer les orientations de 2003" inscrites dans la Loi Fillon. Celle-ci prévoit lŒallongement de la durée de cotisations à 41 ans dès 2012, "la baisse du niveau des pensions et la remise en cause du départ anticipé longues carrières". Le ministre Xavier Bertrand a d’ores et déjà annoncé que des décrets suivraient les rencontres, ce qui est dénoncé par les syndicats comme "une méthode abrupte". Le gouvernement préparerait un nouveau projet de loi pour le mois de juin, alors que le Medef propose lui et de reculer le droit à la retraite à 62 ou 63 ans et de réduire la contribution des entreprises au financement de celles-ci.
Un système menacé
La CGT, la FSU et Solidaires veulent relancer le débat de fond sur les retraites. Ils se demandent "jusqu’à quand la durée de cotisations va augmenter ?". Ils pointent les ambiguïtés du discours dominant "qui veut faire travailler toujours plus les salariés", alors que de l’autre côté, les seniors ne sont pas les bienvenus dans les entreprises. Ainsi 66 % des salariés à partir de 50 ans ne travaillent plus. Les "contrats seniors" ne représentent qu’une vingtaine d’embauches dans l’hexagone. Pour les syndicats c’est l’emploi et les salaires qui sont au c¦ur du problème "Si on travaille, on cotise. Il est évident que si les salaires sont hauts, les retraites le sont aussi" souligne Isabelle Soulé, secrétaire de la FSU 64.
Les syndicalistes notent les 26 milliards d’euros d’exonérations sociales, qui amputent des cotisations correspondantes les budgets sociaux (Sécurité sociale, retraites, Assedic etc.) et sont qualifiées de "trappes à bas salaires" par Rodolphe Camouze, du Bureau départemental de la CGT.
La CGT, la FSU et Solidaires avancent d’autres pistes de financement : prélever un pourcentage sur les dividendes du CAC40, mettre en place des cotisations modulées (les entreprises licenciant ou employant des précaires paieraient plus de cotisations que les autres) ou soumettre à cotisations les éléments de revenus complémentaires (stock-option, intéressement etc.). Les organisations de salariés proposent de garantir un niveau de retraite qui ne soit pas inférieur au SMIC ou qui soit égal à 75 % du meilleur salaire.
"Le gouvernement a une volonté délibérée de réduire la masse financière des retraites et d’orienter les salariés vers la capitalisation. Cela fragilise tout le système social. C’est une pelote de laine. Quand on tire un fil, tout vient" note Alain Duzerch, responsable de la CGT, qui rajoute que "l’on est en train de détricoter tous les acquis sociaux issus du programme du Conseil national de la Résistance".
Soulignant l’écart de durée de vie de 7 ans entre un cadre et un ouvrier, Alain Duzerch se demande : "est qu’un maçon qui part à la retraite à 57 ans vole la société?" Ils demandent donc que la pénibilité au travail soit et reste reconnue par un départ anticipé. "La dimension humaine ne peut être réduite au travail" souligne Isabelle Soulé. "La société doit répondre aux besoins des retraités. Quand on voit la richesse produite en France, on sait qu’il existe des moyens d’y parvenir." concluent les représentants syndicaux..
La manifestation du 29 mars est envisagée comme un "point de passage" vers une plus grande mobilisation. "Au début des luttes anti CPE ou anti CNE nous n’étions pas beaucoup. Et pourtant le gouvernement a reculé. Les salariés, les jeunes et les retraités doivent se prendre en main et exiger d’autres choix" conclut Alain Duzerch.