Incertitudes jusqu´à jeudi sur la présidence du Conseil général
·Sept sièges sur treize basculent à gauche. Si les deux camps se retrouvent à égalité la présidence sera incertaine
Comme nous l’affirmions dans notre édition d’hier, la majorité reste toujours incertaine au sein du Conseil général de Pyrénées-Atlantiques. Sur l’ensemble du département, aujourd’hui, on se retrouve dans une situation inédite, avec deux camps quasiment à égalité. Le nouveau président du Conseil reste donc incertain et dépendra de la position prise par Alain Iriart qui rejoindra ou pas la majorité sortante.
Jean-Jacques Lasserre, ne sera pas, dans tous les cas de figure, le nouveau président du Conseil. Si techniquement, il peut se présenter, il serait battu au profit du candidat présenté par la gauche, Georges Labazée, conseiller général du canton béarnais de Thèze en cas de soutien de M. Iriart. Si celui-ci s’allie à l’UMP/MoDem/UDF il y aura une égalité avec la gauche, et c’est le candidat le plus âgé qui l’emporterait.
Treize sièges étaient à renouveler sur le département. Sept d’entre eux, jusqu’alors détenus par la droite, ont basculé à gauche.
Sur la photo du nouveau Conseil, on peut constater que le groupe UMP perd 5 sièges, son groupe passe donc de 9 à 4 conseillers. Le groupe UDF/MoDem en perd 2 tandis que celui de gauche passe de 21 à 26 conseillers.
Dans la partie béarnaise du département, cinq des sept cantons renouvelables passent à gauche. C’est le cas de ceux de Billère, Pontacq, Salies de Béarn, Morlaas et Nay Ouest. En Pays Basque nord, la gauche emporte deux cantons. C’est le cas à Hendaye où Daniel Poulou perd son siège au profit du socialiste Kotte Ecenarro, et à Anglet Sud où Jean Espilondo s’impose face à l’UDF Bernard Gimenez.
L’élection du président du Conseil se jouera ce jeudi 20 mars en deux tours. Le premier tour est à la majorité absolue, le second à la majorité relative.
Si l’égalité dans les votes persiste, c’est le conseiller général le plus âgé qui prendra la tête de l’exécutif du département. Dans ce cas de figure, ce serait le conseiller général UMP Jean Castaing, du canton de Labastide Clairence, qui prendrait la présidence. S’il refuse, c’est la conseillère MoDem, Juliette Séguéla, du canton de Biarritz Est qui se retrouverait à cette place.
Alliances incertaines
Mais la photo de l’assemblée reste perturbée par le possible jeu des retournements. La question de l’apparentement ou non d’Alain Iriart, conseiller général de St-Pierre-d’Irube, aux groupes de la majorité sortante reste entière. L’UMP et l’UDF n’avaient en effet présenté personne face à la candidature de M. Iriart, membre du parti Abertzaleen Batasuna. Avant les élections, il affirmait qu’il ne serait dans aucun groupe politique au Parlement de Navarre et choisirait entre Labazée et Lasserre "le moment venu". L’assemblée en a fini avec le groupe des non-inscrits présents dans l’ancienne assemblée (Destrade et Galant), puisque le conseiller abertzale de Baigorri, Jean-Michel Galant a perdu son siège au profit de M. Lambert de l’UMP. A moins que M. Iriart décide d’être le "non-inscrit" de l’assemblée départementale. Dans ce cas-là, il reste à savoir avec quelle majorité il votera.
Abstention en augmentation
Sur le département, la participation a été beaucoup plus forte que dans l’hexagone. Avec un taux d’abstention au second tour de 37,43%, les électeurs de ce département se seront plus mobilisés qu’ailleurs (46,55% d’abstention dans l’hexagone). On constate entre les deux tours une forte augmentation de l’abstention, passée de 29,48% à 37,43%.
Tendances
En Pays Basque nord, on retrouve donc la même tendance globale que dans l’hexagone, avec une demande de changement des politiques en place. Les élections cantonales ont mis en évidence une politisation beaucoup plus forte que pour les municipales avec un enjeu autour du vote sanction qui n’aura échappé à personne. La gauche et les abertzale (qui ont gagné 40 % depuis les cantonales de 2001) renforcent donc leur camp, même si les abertzale n’arrivent pas à passer les portes des centres de décision politique.
La vague rose est à nuancer dans les Pyrénées-Atlantiques avec quand même les réélections haut la main lors du premier tour de M. Lasserre ou de M. Aguerre, qui témoignent d’une forte propension de la droite de "notables" à maintenir ses acquis, particulièrement sur les zones rurales. Les UMP Juzan à St-Jean-de-Luz et Lambert sont eux élus avec un score confortable.
Les centristes UDF/MoDem consolident leurs positions, hormis à Anglet avec le cas de B. Gimenez, et maintiennent leurs acquis face à des candidats UMP emportés par la baisse de popularité de N. Sarkozy. C’est le cas d’Yvette Séguéla sur le canton de Biarritz ou de Bernard Auroy sur celui d’Ustaritz.
Dans tous les cas de figure, c’est sur une majorité fragile que devra s’appuyer le nouveau président. Une situation inédite qui augure d’une gouvernance où les retournements de dernière minute seront toujours possibles et qui promet bien des débats.
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