De retour de Venise et Padoue, j’ai encore en tête une histoire savoureuse que m’a contée sur le Vaporetto le conservateur d’un des musées vénitiens. Venise a de tout temps eu pour dogme d’éviter toute oligarchie, tutelle ou pouvoir unique tenu par une famille. C’est une cité exemple de démocratie, d’ouverture sur le monde et d’intégration, qui a su ainsi se libérer de la plupart des conflits. Mais revenons à nos gondoles.
Pour qu’un homme, en l’occurrence le doge, ne prenne pas trop d’importance ou ne se lance pas dans un monologue dithyrambique on lui faisait faire ses discours au milieu de deux Géants, artifices qui le dominaient en double ou en triple. Ainsi humain réduit à être surpassé par les éléments, il en redevenait modestement efficace et pragmatique.
La scène me paraît jouable, pourquoi pas au théâtre, à Bayonne dite il y a quelques siècles la petite Venise de par ses canaux et arceaux des rues actuelles Victor Hugo, Port Neuf ou Bertaco.
Nous avons les Géants (des fêtes) et le doge (là je laisse à chacun vaquer à son imagination et démocratiquement y mettre son tribun).
Peut-être que les gestions passées, actuelles et à venir de notre ville en seraient plus rationnelles, pacifiques, intègres et ouvertes.
Tous les canaux mènent à Rome mais si ceux du bon sens vénitien pouvaient passer aussi bénéfiquement sous l’hôtel de la ville de notre c¦ur les pilotis de sa réussite seraient bien en place.