Jean ESPILONDO / maire d’Anglet
"Si on veut des résultats d’ici deux ou trois ans, il faut se dépêcher de réviser le PLU"
Après 19 années passées dans l’opposition d’une mairie traditionnellement acquise au Centre Droit, Jean Espilondo a été élu premier maire socialiste d’Anglet dimanche soir, avec 52,65% de voix obtenues lors du second tour. Le temps des comptes, des alliances, des critiques et des promesses est révolu, vient maintenant celui de l’action. Après une courte nuit et beaucoup de fatigue retombée, Jean Espilondo évoque ses priorités pour le mandat à venir.
Jean Espilondo, vous voici maire d’Anglet, premier maire socialiste et ce après 19 ans passés dans l’opposition. Comment vous sentiez-vous ce matin (NDR : hier) au réveil en pensant à tout cela ?
Je me sens très fatigué ! Cette soirée, ça a été beaucoup d’émotions et pas beaucoup de sommeil. J’ai fait la fête avec mes amis. Et puis, il y a le poids de la campagne, qui a duré trois mois. Au lendemain, j’ai donc un petit contrecoup. C’est toute la pression qui retombe.
Vous incarnez le désir de changement sur Anglet. Quelle va être votre première mesure en prenant les commandes de la mairie ?
La première chose que nous allons faire, c’est réviser le PLU. Et si l’on veut du logement pour tous, il va falloir se dépêcher. On ne veut pas de mesurettes, de petits effets, et cela veut dire s’y mettre tout de suite pour avoir les premiers résultats d’ici deux ou trois ans. Ce sera long, j’ai déjà dit qu’une mandature ne suffirait pas. Mais tout ce qui n’a pas été fait pendant les sept dernières années, il va falloir le rattraper. Il manque aujourd’hui environ 1900 logements pour atteindre le chiffre minimum fixé par la loi de 20% de logements sociaux. Pour commencer à réduire ce déficit nous nous sommes engagés à ce que 25%au moins des nouveaux logements construits sur les six prochaines années seront des logements sociaux.
D’autres projets urgents en perspective ?
Il y a aussi le projet de maison de retraite sur le quartier de Maharin. Il faut concrétiser les promesses du président du Conseil Général, maintenant que nous avons Guy Mondorge pour représenter le canton d’Anglet Sud. Le secteur du Maharin sera très prisé puisque nous envisageons également d’y réaliser un éco-quartier. Nous nous pencherons également assez vite sur le réaménagement de Sutar et de la voirie.
Concernant l’Agenda 21, dont vous avez beaucoup parlé pendant la campagne, comment allez-vous l’imposer dans la gestion de la ville ?
Il y aura un adjoint spécialement chargé de la mise en place de l’Agenda 21. Je rappelle que cela consiste à développer des projets mêlant les considérations économiques, sociales et écologiques, afin de favoriser le développement durable. Cela consiste aussi à solliciter la population, leur demander leur avis, afin que les projets correspondent pleinement à leurs besoins. C’est toute une méthode de gestion et d’élaboration à revoir. Aussi nous comptons nous entourer de gens qui ont déjà participé à la mise en place de l’Agenda 21 dans d’autres villes, comme à Mérignac. Nous solliciterons leur expertise pendant la première ou la deuxième année du mandat.
Sur le plan touristique, on a beaucoup parlé l’année dernière de la fermeture du dernier camping de tentes d’Anglet, au profit d’un complexe résidentiel pour les classes plus fortunées. Qu’allez-vous faire pour relancer le tourisme populaire ?
Nous voulons qu’Anglet retrouve sa vocation de tourisme familial. Implanter un nouveau terrain de camping est une orientation possible. Mais là encore, tout dépend de ce que nous pourrons faire avec le PLU. La priorité, c’est vraiment cela.
Vous incarnez aussi un changement au niveau de la CABAB, qui intégrera pour la première fois un homme de gauche en son sein. Qu’allez-vous apporter à cette institution ?
Nous comptons y apporter notre volonté de travailler avec la communauté ! Nous apporterons bien sûr une sensibilité politique différente sur certains dossiers, mais nous voulons travailler avec Biarritz et Bayonne. Nous sommes très attachés à l’intercommunalité. Elle va d’ailleurs peut-être bien s’agrandir à Boucau et Bidart.
Comptez-vous envoyer à la CABAB des
représentants de l’opposition ? Nous n’avons rien décidé à ce sujet. C’est vrai qu’on parlait beaucoup de cela quand il n’y avait que des élus de droite à la CABAB, mais là c’est différent ! (rire) Sérieusement, nous ne nous sommes pas encore penchés sur la question. Concrètement, quand allez-vous entrer en mairie
?
Le premier conseil municipal aura lieu vendredi à 17h30. Quant à la question de savoir qui seront mes adjoints, nous devrions décider de tout cela demain (NDR : aujourd’hui).
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