Les femmes du Pays Basque ont des droits
·La Déclaration des Droits des Femmes a réuni autour de leurs droits de nombreuses actrices sociales basques
Depuis la Marche Mondiale de la Femme de 2005, les femmes du Pays Basque ont fait du chemin. La plate-forme locale qui s’était constituée à cette occasion vient d’élaborer la Déclaration des Droits des Femmes du Pays Basque. Ce n’est qu’un début : à compter de ce jour, cette Déclaration sera un outil pour travailler en faveur de ces droits.
Les 40 signataires ont choisi Donostia pour présenter le texte, le 23 février. Actrices sociales venues de toute part, elles sont reparties avec un objectif : "faire connaître cette déclaration" et lancer un processus participatif afin de constituer un Tableau de Revendications. Car, pour ces femmes, la Déclaration des Droits des Femmes du Pays Basque est le moyen de "faire respecter nos droits" et de "revendiquer les mécanismes qui vont les garantir.
"Les femmes doivent lutter pour faire respecter leurs droits, alors que les hommes naissent avec", aux dires des signataires. Elles rappellent également que la moitié de la population est féminine, mais que le pouvoir s’écrit au masculin.
Moins bien payées
"Les femmes se retrouvent dans des secteurs réduits et féminisés, dans les niveaux sociaux les plus bas, les moins bien payés et avec les contrats les plus précaires", d’après la Déclaration. Après avoir abordé le sujet de la violence envers les femmes avec gravité, ces femmes rappellent qu’au Pays Basque elles vivent un conflit supplémentaire : le conflit politique impliquant le peuple basque et les Etats français et espagnol. Elles expliquent qu’elles doivent avoir une place d’actrices dans la résolution de celui-ci.
Leur contribution ne s’arrête pas là, puisqu’elles ont énuméré les droits qui leur appartiennent. Elles les ont classés en quatre parties : la liberté, la parité, la solidarité et la paix. Elles demandent la liberté individuelle et collective "pour construire et décider", la parité "afin que nous surmontions l’inégalité entre les sexes et que toute personne soit considérée à sa juste valeur", la solidarité "entre les hommes et les femmes, et en particulier, entre femmes". Elles concluent que la paix et la justice viendront lorsque ces principes seront suivis.
Le texte rassemble des acteurs sociaux, culturels et politiques de tous bords. L’association Emazteek Diote d’Hasparren y figure, entre autres, avec les syndicats LAB, ELA, STEE-EILAS, ESK, EHNE, CCOO et les associations Emakume Internazionalistak et Bilgune Feminista.
Quand elles étaient sans droit de vote
J. I.
Cette fin de semaine est marquée par deux événements citoyens : la journée internationale de la femme et les élections municipales. Il s’avère que ces deux événements sont étroitement liés. En effet, le 8 mars 1910 à Copenhague, une confédération internationale de femmes socialistes de tous les pays a créé cette journée en vue de servir à la propagande du vote des femmes. L’occasion de revenir sur l’histoire du droit de vote des femmes à travers le monde et en particulier dans l’hexagone.
Selon un document de l’Assemblée nationale française, la Chambre des Députés a proposé à 5 reprises (1919, 1925, 1927, 1932, 1935) une loi instaurant le vote des femmes, tout autant de fois ignorée par le Sénat. Cependant, des communes organisent des scrutins parallèles mixtes aboutissant à faire élire des conseillères municipales.
C’était le 21 avril 1944
En 1936, des militantes interpellent des Sénateurs en leur offrant des chaussettes portant l’inscription : "Même si vous nous donnez le droit de vote, vos chaussettes seront raccommodées". Il y a 64 ans que les citoyennes et ressortissantes du territoire français ont accès aux urnes car le 21 avril 1944, enfin, "les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes".
Précurseurs à l’aube du XXe siècle, la Nouvelle-Zélande (1893) et l’Australie (1902) instaurent le vote des femmes. Entre 1903 et 1917, les femmes britanniques s’organisent et deviennent les bien nommées suffragettes. Tombant sous la répression des autorités, elles deviennent une référence pour le grand public, dont la moitié sont des femmes et le mouvement s’étend aux pays voisins. Ainsi, les pays nordiques, souvent enclins aux avancées sociales "précoces" optent pour le scrutin féminin : la Finlande (1907), la Norvège (1913), l’Islande (1914) et le Danemark (1915) rejoignent le cortège. En 1934, c’est la Turquie qui permet ce droit. Dès 1935, année où les Philippines instaurent le vote pour leurs concitoyennes, les femmes (selon le niveau d’études ou une limite d’âge dans certains pays) votent dans tous les pays d’Europe, à l’exception de la France, la Suisse, l’Italie et les Etats des Balkans.
Aujourd’hui, dans les pays dits démocratiques, les femmes ont le droit de vote. Mais restent-elles conscientes de ce droit devenu devoir acquis à force de luttes lors du XXe siècle ? Se rendront-elles aux urnes en pensant au chemin qu’il reste à parcourir pour acquérir une reconnaissance de statut politique et social en pensant à ces suffragettes qui avaient ouvert la "voix" au début du siècle dernier ?
Les limites de la parité politique et professionnelle en Europe
Une étude publiée jeudi 6 mars, par la Commission européenne montre que, dans leur vie professionnelle, les femmes ne sont toujours pas traitées à égalité avec les hommes, même si des progrès sont constatés.
L’étude européenne souligne que l’accession des femmes au pouvoir reste limitée dans le monde. En 2007, seulement 17% des parlementaires étaient des femmes (contre 10% en 1995). Dans l’Union Européenne, les femmes n’occupaient l’an dernier que 24% des sièges dans les Parlements nationaux, un taux inférieur au "seuil minimum de 30% jugé nécessaire pour que les femmes aient une influence significative sur les décisions politiques", note l’étude. Les gouvernements nationaux de l’UE comptent pour leur part une femme pour trois hommes (24% de femmes, 76% d’hommes) en moyenne. Certains pays se distinguent dans leurs efforts comme la Finlande (60%), la Norvège (53%), la Suède (46%) et l’Espagne (41% de femmes). Mais la Slovaquie, la Grèce et la Turquie n’ont qu’une seule femme au gouvernement, et la Roumanie aucune.
L’étude indique par ailleurs que tous les gouverneurs des Banques centrales de l’UE sont des hommes et que, dans les grandes entreprises, les hommes s’adjugent toujours près de 90% des postes des conseils d’administration. Seule la Norvège se distingue (34% de femmes) car elle a rendu obligatoire sous peine de sanction la parité dans les conseils d’administration (40% de femmes au minimum). L’étude conclut ainsi que seules les politiques volontaristes de représentation proportionnelle ou de quotas peuvent apporter "un changement réel et rapide" dans la vie publique.
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