Séisme, déconfiture, humiliation, exploit ? Le Cubain Agusti Waltary a terrassé son adversaire, qualifié pourtant de meilleur joueur professionnel du moment.
Cela mérite réflexion.
Tout d'abord Agusti Waltary à lui seul est un spectacle. C'est un athlète qui en tête-à-tête surclasse tous les autres. Il propulse la pelote à une vitesse impressionnante. Il occupe à lui seul tout le trinquet. Il y a lui et la vitesse de la pelote. Le spectateur est comblé, il vient pour cela.
Son trinquet favori : celui de Bayonne. Il y est imbattable. En finale, il a écrasé P. de Ezkura par 40 à 22, en se permettant le luxe de gagner 19 points au but, du jamais vu. Une pelote très vive se plaignait de Ezkura, pelote pourtant acceptée au moment de la sélection. Waltary a lui seul est une institution. Il remplit les trinquets, il offre un spectacle original, il gagne. L’ennui, c’est qu’il n’y a qu’un Waltary.
Sa technique acceptée par tous devrait inciter à ouvrir une école pour la développer. Mais Waltary n’est pas un modèle seulement une exception, même à Cuba, il est le seul à jouer de cette façon. Comment dès lors faire école ?
La technique Waltary ? Un spectacle moderne Waltary, c'est une autre façon de jouer : elle se définit par : vitesse d'exécution et spectacle. Ce sont bien les deux conditions de survie de tous les sports modernes. Waltary et gestuelle. Le phénomène Waltary est-il un épiphénomène ou une nouvelle gestuelle capable de révolutionner la main nue en trinquet ?
Pour nous, nous l'avons dénoncé en son temps, il joue atxiki. Mais on ne peut plus revenir en arrière, on ne peut plus sanctionner l'atxiki de Waltary. Bien que le geste soit aux antipodes du déploiement physique du pilotari, il ne pose pas de problème au sein des instances fédérales gardiennes de l'orthodoxie. Aucune d'entre elle ne l'a contesté. Le seul test serait qu'il se présente au sud, dans les canchas de mur à gauche. Waltary joue atxiki mais à la vitesse de l’éclair et propulse la pelote avec force à une vitesse folle. Le sanctionner, ce serait se priver aujourd'hui du plus spectaculaire joueur .
Une exception sans lendemain. Et quel joueur de chez nous s’adapterait à sa manière de jouer ? Waltary vient du base-ball qui est le sport national de Cuba. Il a construit son geste à partir de celui du base-ball. Comment s’est-il adapté à la pelote basque à main nue ? Comment est-il arrivé à cette maîtrise parfaite et à cette rapidité d’exécution ? C'est une curiosité. La pelote est propulsée à une vitesse vertigineuse, jamais atteinte avec le geste de nos joueurs.
Son geste est défini par l'opinion comme "un a pugno fouetté". La pelote n'est donc pas frappée. On peut imager la différence qu'il y a entre la pelote frappée et la pelote fouettée par la différence entre la paleta cuir ; pelote frappée et le share ; pelote fouettée. Les gestes de ces deux spécialités illustrent parfaitement la différence entre Waltary et les orthodoxes.
En conclusion, nous dirons, bravo Waltary, vous avez été accepté par le peuple, continuez à le fasciner par vos exploits, mais évitez d'humilier nos braves pilotari.