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Le JPB > Pays Basque 2008-03-08
Pêche : les poissons répondent présents
·La saison de la pêche reprend ce week-end et les eaux basques s’avèrent poissonneuses, grâce à l’alevinage

Il y aurait presque de quoi être étonné. Alors qu’on n’a jamais autant parlé de la dégradation du milieu aquatique, et malgré des eaux très basses dues à un hiver particulièrement sec, "les rivières sont poissonneuses". C’est Claude Bidabe qui le dit. Il est le président de l’Association des Propriétaires Riverains de la Nive (APRN), basée à Louhossoa. En Pays Basque, elle est l’une des deux Associations Agréées pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, l’autre étant l’APPMAde la Nivelle. "Cela fait vingt ans qu’on pratique l’alevinage, en alimentant les rivières avec des ¦ufs". L’opération s’effectue essentiellement en amont, dans les ruisseaux de montagne, début du voyage de la truite. Chacune des deux associations dépose 200 000 ¦ufs de souche locale par an sur les cours d’eau dont elles ont la charge.

Oiseaux piscivores

Et il y en a besoin, pour pallier les conditions climatiques moroses mais aussi rattraper les dégâts provoqués par les oiseaux migrateurs. Hérons et cormorans viennent allégrement se servir en poisson frais dans les eaux basques ­ sans carte de pêche. Le phénomène n’existait pas il y a 30 ans mais va en s’amplifiant. Le cormoran se nourrit essentiellement dans la Grande Nive. Le héron, qui privilégie les petits fleuves et ruisseaux, avale 500 grammes de poisson par jour, truites ou autres. "Ce sont deux espèces protégées. Mais on ne fait rien pour compenser les pertes en termes de poisson". Un arrêté préfectoral prévoit cependant l’élimination de 200 cormorans dans le département.

Entretenir le milieu aquatique

Le président de la fédération départementale de pêche Jacques Maysonnave voudrait aller plus loin que le simple alevinage. "C’est un pis-aller. L’idéal, cela reste de prendre soin du milieu aquatique". Mais les pêcheurs n’ont pas la main en la matière. La fédération départementale contrôle l’état des stations d’épuration, verbalise les pollueurs et peut aller jusqu’à les attaquer en justice. "Nous sommes un lobby, nous faisons pression. Nous sommes d’ailleurs habilités par la loi pour cela. Mais la mise en ¦uvre des moyens de dépollution des eaux reste la compétence des collectivités publiques".

L’abandon de l’activité agricole affecte également la vie des fleuves et ruisseaux. Pour les besoins de leur activité, les agriculteurs dégagent les berges. Sans eux, les herbes poussent haut, les branchages s’accumulent, il y a moins de lumière autour de l’eau. Et qui dit moins de lumière dit moins de vie.

Mais globalement, la qualité du milieu aquatique basque reste bonne. "En amont, les zones de montagne sont peu urbanisées et l’agriculture n’y est pas très intensive. C’est un sanctuaire pour les poissons". Il cite notamment la Nive de la vallée des Aldudes, du côté de Banca ou de Saint-Jean-Pied-de-Port. Le niveau se dégrade bien sûr en aval. La pollution industrielle près des zones urbaines joue un rôle. Tout comme l’utilisation intensive du nitrate dans les zones agricoles, surtout pour la culture du maïs.

Eau à 15 degrés maximum

Mais dans l’ensemble, aucune eau basque ne creuse la tombe des truites, même si à la frontière espagnole "la Bidassoa n’est pas terrible", admet Jacques Maysonnave. La situation montre en outre des signes de progrès. Des entreprises réduisent leur pollution. A Bonloc, Boncolac a installé une station d’épuration en novembre 2002. Sur le plan domestique, le syndicat mixte Bil Ta Garbi signale une baisse de 14000 tonnes de déchets sur son secteur en 5 ans (-8,5%). C’est une menace de moins pour les eaux fluviales locales.

Heureusement. Car "la truite est un poisson fragile", rappelle Jacques Maysonnave. Il lui faut une eau à 15 degrés maximum. Le réchauffement climatique n’aide pas". Et faute de neige cet hiver, les nappes phréatiques n’ont pas été bien alimentées.

"Il faut savoir qu’une partie des cotisations retourne aux fleuves et rivières" précise Jacques Maysonnave, président de la fédération départementale de pêche. Cet argent permet aux associations comme l’APRN ou l’AAPPMA Nivelle de financer leur activité d’alevinage. Environ 8,5 euros par carte revient également à la fédération départementale et aux Agences de l’Eau, qui surveillent notamment les stations d’épuration.

Un permis de pêche dans une association profitant des eaux du domaine public coûte 65 euros. En payant un timbre halieutique de 18,5 euros, il est possible de pêcher dans 35 départements du sud de la France. Dernière formule en date : la carte "découverte femme" à 30 euros, timbre halieutique inclus. Existent aussi la formule journalière à 10 euros, la carte "vacances" à 30 euros pour 15 jours et la carte "mineurs" à 20 euros. La carte de base pour pêcher dans les eaux privées de l’APRN coûte 47 euros, plus 28 euros de timbre CPMA pour qui n’a pas déjà de carte de pêche pour les eaux du domaine public.



L’argent des cartes de pêche retourne en partie au fleuve

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