Didier Rouget / Association Ustaritz Défendre l’Environnement
"L´opposition à la LGV franchit une étape avec ce référendum"
Ce dimanche 9 mars, les électeurs des communes de Mouguerre et d’Ustaritz sont appelés à se prononcer sur la création de voies nouvelles TGV. Les associations Ustaritz Défendre l’Environnement et Mouguerre Cadre de Vie entendent ainsi faire valoir le point de vue de la majorité des habitants de ces communes en leur posant une seule question "Une nouvelle voie TGV au Pays Basque. Oui ou non ?" Didier Rouget, de l’association Ustaritz Défendre l’Environnement en précise ici les enjeux.
Qu’est-ce qui vous pousse, à organiser ce référendum ?
Il y a eu une première phase de débat public et de concertation. Celle-ci a réuni beaucoup de monde, mais en fait, le résultat était biaisé d’avance. Trois scénari étaient alors proposés par RFF (Réseau Ferré de France). Finalement, c'est le scénario 3 avec le passage par l’Est de Mont-de-Marsan, et donc la construction d’une voie ligne nouvelle qui a été choisie par RFF, les collectivités (Conseils régional et général) et l’Etat.L’enjeu principal du débat a porté sur l'évaluation du trafic concernant les lignes voyageurs et fret à l’horizon 2020. RFF a nettement surévalué ce trafic, de façon à privilégier l’option de création de ligne nouvelle. Le Cade a pourtant démontré que les objectifs pour 2020 étaient largement surévalués et que l'amélioration des lignes existantes suffisait largement à absorber le trafic.
Vous avez donc pu exprimer votre point de vue ?
Ce qui a été exprimé lors du débat public n’a pas été pris en compte. Si la base est tronquée, si les affirmations de RFF à ce propos se révèlent fausses, cela veut bien dire que l’ensemble du dossier doit être remis en cause. Cela a été fait très tardivement par l'expertise suisse, qui a démontré la viabilité des voies actuelles et la nécessité de leur modernisation. Il faut donc remettre tous les paramètres à plat et rediscuter sur la nécessité ou non d’une voie nouvelle. Ce à quoi se refusent RFF et le Conseil régional. Les options que nous défendons sont tout à fait viables.
Peut-on encore peser sur le projet?
Plus que jamais. La population se mobilise très fortement et de manière exemplaire. On peut véritablement parler sur le Pays Basque d’un mouvement populaire en train de se créer, avec une base sociale très forte. Rien qu’à Ustaritz, l’association a plus de 300 adhérents. C'est dans ce cadre qu’on franchit une nouvelle étape avec l'organisation de ce référendum.
Pourquoi particulièrement sur ces communes ?
Malheureusement, nous sommes les communes les plus touchées et sommes donc directement concernés. 95% de la superficie des communes d’Ustaritz et de Mouguerre risquent d’être affectés par ce projet. C’est donc l’avenir du village qui est en cause, avec la création de voies nouvelles ou avec celle d’une nouvelle gare TGV sur Ustaritz. Bien entendu, on s’inscrit dans un combat global contre toute ligne nouvelle au Pays Basque. Il ne s’agit pas de dire "pas ici mais chez le voisin". C'est un combat beaucoup plus large qui pose des vraies questions de fond.
Votre exemple fera-t-il école dans d’autres communes ?
Il faut souligner qu’il y a encore un flou sur le tracé. Une évaluation a été faite sur un premier fuseau de 7 km. Au fur et à mesure que les études vont se succéder, on va se rapprocher du (ou des) tracé final. On aura ainsi une meilleure évaluation du projet. Plus les gens se sentiront directement concernés et plus la mobilisation va aller croissante. On a pu le constater en organisant des réunions, sur Senpere, Biriatu, Villefranque etc. Ceux qui croient que le référendum n’est qu’un coup d’éclat, se trompent lourdement. On est dans une lutte de longue durée qui va être de plus en plus coordonnée.
Comment réagissent les élus locaux ?
Il y a une évolution majeure à souligner. Avant, les grosses institutions locales et régionales étaient quasiment unanimes face aux propositions de RFF, avec un Parti socialiste très pro-LGV au sein du Conseil Général. Le Conseil régional propose d’intégrer au projet de LGV un barreau palois et soutient le scénario 3 prôné par RFF. Depuis, l’évolution est majeure. Au niveau des élus locaux, particulièrement communaux, il y a une prise de conscience très nette et une opposition ascendante. Il y a des retournements de situation avec des élus déclarés pro-LGV au départ et qui, au vu de la mobilisation et des différentes études changent de position. Ce mouvement de fond transcende les partis politiques, et cela nous encourage à continuer.
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