5 mars 1868 il y a 140 ans :
Tribunal correctionnel : Une bande de spéculateurs sur les grains est amenée devant le tribunal. Le chef du service actif est un batelier d'Ustaritz, nommé Albaïtz ; un aveugle, Pierre Casamayor, s'occupe du placement. Malgré son état de cécité et son manque de capital, il mène de front une foule de petits trafics ; mais les grains sont l'objet de sa prédilection.
Le 1er février, le sieur Chevalier Haramboure, meunier à Ustaritz, achetait un sac de blé à l'aveugle ; le neveu du meunier reconnut, quelques jours après, la provenance étrangère de ce blé, et soupçonna un vol. L'oncle alla prévenir l'autorité. L’aveugle déclara avoir acheté ce blé au batelier Albaïtz. On en fut d'autant plus étonné que ce batelier ne semblait pas se livrer au commerce. De fil en aiguille, on vint à découvrir que certains bateliers d'Ustaritz, lorsqu'ils venaient chercher du blé chez les négociants ou boulangers de Bayonne, escamotaient toujours un ou deux sacs sans que les victimes de ces vols s'en fussent jamais aperçues.
L'instruction renvoya devant la justice l'aveugle, six bateliers d'Ustaritz, parmi lesquels Albaïtz, et un sacquier de Saint-Pierre-d'Irube, sous prévention de vol. Le tribunal, prenant en considération le peu d'importance des vols et l'absence de plaintes émanant des personnes lésées, a admis des circonstances atténuantes. En conséquence, ils ont été condamnés : l'aveugle à quatre mois de prison, Albaïtz à trois mois, et les six autres co-accusés à deux mois de la même peine.
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