Les prisonniers affichent leur position
·Le collectif qui réunit les prisonniers politiques met les Etats français et espagnol face à leurs responsabilités
Le Collectif des Prisonniers Politiques Basques (EPPK) a rendu publique sa réflexion sur la situation créée au Pays Basque suite à la rupture du processus de négociation le 5 juin 2007. Cette lettre arrive dans un contexte caractérisé par les prises de position des agents politiques et par l’amplification de la répression dont souffre la gauche abertzale. Cette analyse aboutit à une conclusion: "le Pays Basque doit dépasser les limites légales, politiques, économiques et répressives imposées par les Etats espagnol et français". EPPK, dans le communiqué envoyé aux médias le 17 février dernier, lance des appels, afin de surmonter la situation actuelle du conflit. Le premier est dirigé aux gouvernements espagnol et français, auxquels les prisonniers basques demandent avec insistance de se montrer "responsables". Ils leur demandent "d'intégrer [les quatre provinces du Sud de la Bidasoa] d’une part, et le Labourd, la Basse-Navarre et la Soule, d'autre part, dans des accords politiques concrétisés par des statuts d’autonomie intégrant le droit de décision pour notre peuple". Selon EPPK, le processus a fait apparaître "les volontés et les projets de chacun", alors que "jamais auparavant nous n’étions arrivés si loin dans la reconnaissance des droits d’Euskal Herria". Même si par la suite, "le gouvernement espagnol, ainsi que le PNB, ont tourné le dos à l’accord politique qui devait concrétiser ces droits". Ce processus était basé sur la reconnaissance du droit de décision des quatre provinces du sud. Si la porte de la solution du conflit s’est ouverte, c'est parce que "l’Exécutif espagnol avait donné son accord à ce statut d’autonomie à quatre". L’EPPK se montre très critique envers le PSOE (Parti Socialiste espagnol) et le PNV. Il les rend responsables du non-aboutissement d’un accord politique nécessaire pour positionner Euskal Herria sur un autre plan. Par ailleurs, les prisonniers politiques sont convaincus
que "la feuille de route" établie par le lehendakari Ibarretxe qui prévoit la
possibilité d’organiser une consultation populaire dans les provinces de Gipuzkoa, Bizkaia et Araba n’est qu'un moyen de "se voiler la face" ; cette feuille de route aurait pour but de "mettre en scène et alimenter la confrontation" entre les deux formations. "L’initiative d’Ibarretxe cherche en définitive un accord politique entre le PNV et le PSOE pour une réforme du Statut [d’Autonomie] qui fermera les portes à l’option indépendantiste. Cette réforme ne pourra donc pas donner de solution à la question territoriale et de souveraineté d’Euskal Herria".
Deux membres exclus
Selon le Collectif, "ces deux personnes ont décidé de
suivre leur propre chemin et donc toutes les initiatives que celles-ci vont
réaliser dorénavant seront faites en leur propre nom sans aucun soutien de notre
part". Le motif est que les deux hommes "se sont ralliés à la stratégie menée
par le Gouvernement espagnol pour diviser le collectif". Le Collectif reproche à
Pikabea et Álvarez de s'être réunis en prison avec le conseiller de l’Agence
pour le Soutien des Victimes du Terrorisme de l’exécutif de Lakua.
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