Herritarrak veut rendre le logement accessible
La question du logement cristallise la campagne électorale. C’est devant le centre de vacances de Camieta, à Urrugne, que Filipe Arramendi, tête de liste abertzale aux élections municipales de la liste Herritarrak et Beñat Elizondo, candidat sur le canton d’Hendaye ont présenté leurs propositions en matière de logement.
Le Centre de Camieta, choisi pour sa portée symbolique, appartient aujourd’hui au Conseil général du Lot-et-Garonne, qui veut le vendre et le met actuellement à disposition de la FOL (Fédération des ¦uvres laïques) . Celle-ci organise sur ce grand terrain boisé de 8 ha, face à la colline de Kechiloa, des colonies de vacances. Bien que les Domaines l’aient évalué à 2,5 millions d’euros, le promoteur Kaufman and Braud, détenu par le fonds d’investissement PAI Partners en propose trois fois plus en prévision de la réalisation d’un programme immobilier. En 2006, les élus d’opposition abertzale avaient demandé à l’EPFL (Etablissement Public foncier local) de se saisir du dossier. Une demande restée à ce jour sans réponse. A l’unanimité, le Conseil municipal urruñar avait voté le placement de cette zone en ZAC (Zone d’aménagement différée), obligeant ainsi le futur acquéreur à obtenir l’accord de la mairie avant tous travaux.
A travers cet exemple, Filipe Arramendi dénonce un révélateur de "la situation extrêmement grave du logement sur la Côte et sur Urrugne". Il s’étonne, "qu’à quelques jours des élections", les promesses des candidats sur le logement "fleurissent". Le candidat aux municipales pointe le déficit de 415 logements sociaux sur la commune, et fait le constat d’un taux de 7% de logements sociaux et de 17% de résidences secondaires, loin des objectifs fixés par la loi SRU. "Les communes préfèrent payer des amendes plutôt que de construire du logement" s’inquiète Filipe Arramendi. "Il suffit qu’elles fassent preuve de "bonne volonté" pour y échapper. Urrugne n’a ainsi payé qu’une seule amende" rajoute Beñat Elizondo. Les deux candidats mettent en cause le bilan des équipes sortantes "qui n’ont pas de volonté politique d’avancer sur ce dossier". "Les leviers donnés aux communes existent. Le droit de préemption, la réquisition ou la taxation des logements vacants sont des outils qu’il faut utiliser pour rendre le logement accessible à tous" conclut Filipe Arramendi.
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