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Le JPB > Sujet à la une 2008-02-27
Le théâtre des Chimères plonge dans l´incertitude des élections
·La Compagnie installée à Biarritz doit déménager et son destin semble incertain et conditionné au résultat du scrutin

Les projets culturels se bousculent au portillon.En ces temps d’élections, chacun y va de sa proposition pour développer l’offre de sa commune ou imaginer de nouvelles structures. Pourtant, loin de stimuler le monde des arts ou du spectacle, cette brutale surenchère d’idées peut aussi stopper net les élans créatifs.C’est le cas par exemple de la troupe du théâtre des Chimères dont l’avenir semble suspendu aux résultats des urnes. Une incertitude d’autant plus douloureuse que les Chimères savent d’avance que leur déménagement est programmé et qu’ils devront quitter leur local biarrot des Découvertes en 2009. Non désirés par les uns, aidés par les autres, leur avenir dépendra désormais de la nouvelle carte des élus du Pays Basque. Et si l’on peut aisément convenir avec Max Brisson que "Les Chimères n’ont pas d’intérêts" à entrer dans un jeu politique, ces derniers n’en sont pas moins contraints de subir de plein fouet la tourmente des élections. Une situation d’autant plus inconfortable que les Translatines, le festival de théâtre que la Compagnie organise depuis plus de 25 ans, ne se tiendra pas cette année à Bayonne et devient une biennale, faute de budget. Ce qui fait dire à Jean-Marie Broucaret, un peu amer, qu’il "vaut mieux ne pas s’appeler les Chimères sur le BAB".

Contrainte au déménagement pour cause de loyer immodéré, la troupe s’est brutalement retrouvée fort dépourvue de n’être pas au menu des intentions culturelles du BAB.En ces temps d’élections, le meneur des Chimères, Jean-Marie Broucaret, ne peut que constater que "les jours passent, les programmes sont dévoilés et les Chimères ne sont mentionnées que par quelques listes". Biarritz, qui subventionne d’ailleurs les Chimères, a déjà fait le choix du théâtre du Versant comme référence dans sa ville.Le maire de Bayonne propose quant à lui, en cas de réélection, de construire un espace de création contemporaine autour de la Compagnie Lézards qui bougent, même si, selon Jean Marie Broucaret "il y a longtemps qu’on demande un accueil à Bayonne". Seule la liste Bayonne Ensemble (PS, PC, EA) s’est exprimée pour "une troupe de théâtre en résidence" dans la ville en citant le nom des Chimères avec celui des Lézards qui bougent.

Convention

Les Chimères sont pourtant au menu de la ville d’Hendaye et du maire Kotte Ecenarro, qui leur a promis un local.En cas de réélection, cela va de soi. Une implantation qui questionne également les douze villes de la Communauté de communes Sud Pays Basque, qui ont fait le choix pour leur territoire, de la Compagnie du Rivage. Max Brisson, élu à la culture au Conseil Général était pour cette raison réticent à l’implantation des Chimères à Hendaye, même s’il la conçoit aujourd’hui dans le cadre d’une cohabitation de deux compagnies sur le même territoire, acceptée par la Communauté de communes.Voilà pour la configuration politique actuelle qui doit cependant passer à la moulinette des élections, tant au sein des Communes du sud Pays Basque, que du Conseil général qui renouvelle 50% de son hémicycle.

Seule Compagnie du département à être conventionnée par le Ministère de la culture, les Chimères sont loin d’être prophètes en leur pays et Jean-Marie Broucaret estime que "28 ans de travail sur le BAB partent en fumée par la non-volonté du prince".Un peu raide tout de même, surtout lorsque l’on a la reconnaissance du public.La semaine dernière, les Chimères ont fait salle comble pour dix représentations successives avec Mamie mémoire dans leur local de Biarritz. Tout comme le festival Les Translatines qui à l’automne dernier affichait un taux de remplissage de 98%.

"Je ne souhaite pas faire l’économie de ma déception" euphémise Jean-Marie Broucaret.Et si Max Brisson estime que le passage en Biennale donnera "plus d’ampleur au festival", Jean-Marie Broucaret, pour sa part, "ne peut s’en réjouir"."Cela veut dire qu’il n’est plus annuel.Tout le monde est d’accord pour passer en Biennale mais rien n’a été déclaré avant les élections".

C’est d’ailleurs ce manque de communication qui questionne le meneur des Chimères, lequel se demande, en pleine reconnaissance de son travail par le public et le ministère de la culture, pourquoi "aucune convention municipale sur le BAB ne nous permet d’offrir ce service au public". Avec la main tendue d’Hendaye et les dissensions politiques que cela a occasionné au sein de la communauté de communes Sud Pays Basque, on en viendrait aisément à une lecture politique de ces remous."Sans explications, on imagine tout" conclut Jean-Marie Broucaret.



Culture pyramidale
Jérôme Aguerre, tête de liste de Bayonne Ensemble, ironisait lundi soir sur les projets de l’équipe sortante qui a grand renfort de simulations en 3D, propose pour Bayonne de majestueuses constructions. "On se croirait dans Sim CityŠ" De fait, les projets en imposent et la liste de Jean Grenet promet de vastes chantiers pour de "nouveaux espaces de création et d’expression", dont un Zénith, une bibliothèque municipale, une Cité des Arts, un espace de création contemporaine baptisé La fabrik, et un lieu emblématique d’exposition dédié à l’art contemporain à l’échauguette en remplacement du Carré Bonnat voué à la destruction. Après avoir échappé au lendemain de la première guerre mondiale à l’érection d’un monument au mort, la place de l’échauguette pourrait recevoir une pyramide du Louvre, ou un cube de verre. Le projet est ouvert mais ne fera pas que des heureux, à commencer par Didier Borotra qui "refuse" que la Cabab finance le Zénith de Bayonne. Et qu’en est-il du Musée basque, passé en régie de la Cabab et du Conseil général en raison d’un déficit chronique annuel d’un million d’euros, que le maire Jean Grenet veut désormais proposer à la gratuité ?


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