Paris en ligne
La FFT veut chasser les paris en ligne avant Roland Garros
·La Fédération française de tennis entame devant le tribunal des référés de Liège, une bataille juridique pour tenter de faire interdire les paris sportifs
La Fédération française de tennis (FFT) a entamé hier, devant le tribunal des référés de Liège (Belgique), une bataille juridique pour tenter de faire interdire les paris sportifs en ligne sur les matches du tournoi de Roland-Garros. Afin de "ne pas s’épuiser à poursuivre des centaines de sites", selon son directeur général Jean-François Vilotte, la FFT a choisi d’en assigner trois ayant leur siège dans l’Union Européenne : Bwin, Betfair et Ladbroke, espérant qu’une éventuelle décision défavorable à ces poids lourds du pari en ligne ferait jurisprudence ou donnerait du moins à réfléchir aux autres. Du moins à ceux qui officient légalement hors de l’hexagone, où les paris en ligne sont interdits. "Les sites braconniers -qui opèrent sans licence-, il n’est pas évident que cela leur fasse peur", note M. Vilotte. Après cette première audience en Belgique, au cours de laquelle le juge devrait fixer la date des plaidoiries, une procédure similaire est prévue en Allemagne. Parallèlement, la FFT a assigné au fond, devant un tribunal français, les sites Unibet et Expekt qui proposent déjà des paris sur l’édition 2008 de Roland-Garros. Car le temps presse. A trois mois des premiers coups de raquette à Paris, la FFT a de sérieuses raisons de redouter une inflation inédite de paris sur son tournoi du Grand Chelem. La dernière épreuve organisée sous son égide, le Masters Series de Paris Bercy, a généré des mises hallucinantes si l’on en croit le système de monitoring alors mis en place par la FFT. "Environ 150 sites proposaient de miser sur les matches de Bercy", explique M. Vilotte. "Rien que sur Betfair, de loin le premier site, 230 millions d’euros ont été misés. En tout, on peut estimer qu’entre 500 millions et 1milliard d’euros ont été engagés durant le tournoi, avec des pics à 15 millions par match lors des derniers tours..." Un système comparable sera, quoi qu’il arrive, mis sur pied lors de Roland-Garros. Le préjudice est d’abord commercial pour la FFT. Selon le Code du sport, et comme l’illustre la cession des droits TV, seul l’organisateur possède en effet le droit d’exploiter sa manifestation. Mais le risque de corruption via le trucage de matches est également proportionnel aux sommes engagées dans des paris. "Plus il y a de paris, plus l’exposition au risque croit", explique M. Vilotte. "Même s’il n’y a pas de cas, il y a déjà suspicion et atteinte à l’image des épreuves". Sommée par Bruxelles de mettre fin aux monopoles du PMU et de la Française des Jeux sur les paris sportifs en ligne, la France s’est déclarée prête à ouvrir son marché à des opérateurs privés de façon "maîtrisée". Dans ce cadre, les procédures entamées tous azimuts par la FFT ont également pour but de faire prendre conscience au législateur français des intérêts des organisateurs, "dans l’éventualité où il devrait faire évoluer la loi", selon M. Vilotte. Une modalité pourrait par exemple être d’obliger les sites autorisés à reverser une partie de leurs gains, comme le fait la Française des Jeux.
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