Paris-Nice
L’AFLD sera compétente en matière de dopage
L’organisation de Paris-Nice sous l’égide de la Fédération française de cyclisme (FFC) rendrait l’Agence française de lutte contre le dopage mécaniquement responsable de la totalité de la politique antidopage menée sur l’événement, une éventualité à laquelle l’AFLD s’est préparée. Aux termes de la loi française et du Code mondial antidopage, l’AFLD est en effet compétente pour l’ensemble des compétitions organisées sur l’hexagone, à l’exclusion de celles organisées par une fédération internationale, ce qui aurait été le cas de l’Union cycliste internationale (UCI) si Paris-Nice avait lieu dans son cadre. L’AFLD ne serait alors que le prestataire de services de l’UCI qui déciderait du nombre et du moment des contrôles et des sanctions, et déléguerait les prélèvements et les analyses à l’AFLD.
Quid du passeport biologique ?
Depuis le début du conflit entre ASO et l’UCI, Pierre Bordry, président de l’AFLD, a eu le temps d’anticiper. "Le premier point consiste à établir une stratégie. Celle de l’UCI nous paraît trop systématique", expliquait-il avant la demande transmise lundi dernier à la FFC par ASO d’organiser Paris-Nice sous son égide. "Ils contrôlent les premiers de la course et le leader du général. Si quelqu’un ne veut pas être contrôlé, il s’arrange pour finir derrière. Il faut faire plus de contrôles aléatoires". "On peut s’intéresser à la manière dont se comportent les coureurs et les cibler", poursuivait-il. La loi française permet également à l’AFLD de pratiquer des contrôles sur les phanères (ongles, poils et cheveux), ce dont l’Agence n’entend pas se priver. Au-delà de Paris-Nice, l’AFLD établit déjà son plan de bataille au cas où elle serait également responsable de la politique antidopage sur le Tour de France, autre épreuve d’ASO. Dans ce cas, M. Bordry a estimé qu’il lui paraîtrait impératif de "mener des contrôles inopinés à l’entraînement, lors de la période précédant le Tour, même à l’étranger". Il s’est par ailleurs ému de l’avenir du passeport sanguin, mis sur pied par l’UCI notamment dans l’optique du Tour de France, et dont ASO a fait une condition préalable pour les cyclistes s’alignant sur le Tour. "Qu’adviendra-t-il des résultats du passeport sanguin (si l’UCI n’est plus responsable du Tour) ? Est-ce que l’UCI en communiquerait les résultats ?" et jouerait ainsi le jeu de la transparence ?, s’est interrogé M. Bordry.
Une inquiétude qui ne peut être qu’alimentée par l’attitude de l’UCI. Dans un communiqué, la fédération internationale dénonçait "ces attitudes irresponsables (qui) risquent de rendre vains les efforts remarquables récemment accomplis par le cyclisme, notamment le passeport biologique, que l’UCI se réserve le droit d’appliquer prioritairement à ses partenaires respectueux du règlement".
|