Isabelle Michel, présidente de la crèche, est entrée en fonctions en avril 2005. "Cette convention n’aurait pas dû être acceptée, elle ne s’applique pas aux crèches. C’est une erreur administrative de l’époque" explique-t-elle.Devant l’école, l’équipe de travailleuses a profité de la matinée pour interpeller les parents dont ils gardent habituellement les bambins. Seuls 6 enfants ont été envoyés à la crèche hier, encadrés par la directrice et une employée CDD. L’établissement en accueille quotidiennement quatre fois plus, pour 45 enfants inscrits en tout. "Nous ne sommes pas là pour embêter les parents, nous voulons simplement toucher notre dû. D’ailleurs, nous n’avons eu que des retours positifs de la part des parents que nous avons croisés" affirme Valérie Garcès, l’une des grévistes.
Selon les employées, le conflit dure en réalité depuis 4 mois, même s’il n’avait jusqu’à présent jamais franchi les murs de la crèche. La présidente du Nid Urtois a aggravé les tensions en retirant l’exemplaire de la convention affichée sur les murs de la crèche, le confiant à son avocat.
La CFDT a contacté la présidente mais déclare se heurter à un refus de dialogue. "C’est faux" proteste Isabelle Michel, qui a rencontré récemment Claire Cellan. "Mais ma priorité, c’est la sauvegarde de la structure et de ses emplois. Cela fait déjà 3 ans que nous sommes en difficulté financière" ajoute-t-elle. "Négocier les salaires à partir de février, c’est le seul moyen de sortir de ce conflit" considère Claire Cellan, qui voit en cette situation un "problème d’évaluation des budgets et une méconnaissance du droit du travail".
Pour les employées, le manque à gagner représente 100 000 euros de traitements non payés en 10 ans. L’association risque la dissolution en cas de conflit prud’homal. "Nous sommes prêtes à aller au bout de la démarche et à courir ce risque pour nos emplois" prévient néanmoins Valérie Garcès. "Si la crèche manque d’argent, ce n’est pas à nous de payer".
Un statut public ne changerait rien
"La seule préoccupation de la présidente, c’est le transfert de la crèche à la Communauté de Communes Nivadour" reproche la CFDT. Isabelle Michel ne dit pas le contraire. "Je ne vois qu’une solution : continuer sur le mode associatif jusqu’au transfert de compétence". D’ici le 1er janvier en effet, si les négociations aboutissent, le Nid Urtois devrait être placé sous la responsabilité de Nivadour, récemment intégrée par Urt.
Les salaires des employées seraient alors indexés sur la grille territoriale, grille déjà utilisée par le Nid Urtois pour fixer les revenus actuels. Autrement dit, un éventuel statut public ne devrait rien changer sur les fiches de paie.