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Le JPB > Culture 2008-02-20
Le ressenti des danseurs sous l’éventail d’un tango nostalgique

On virevoltait avec grâce, samedi soir, au théâtre du casino de Biarritz où l’on jouait une comédie-tango Le c¦ur n’est pas moderne, pièce de Martine Drai. Sujet original mais qui s’explique par le fait que l’auteure et metteuse en scène a pratiqué cette danse pendant neuf ans et nous fait ainsi profiter de son vécu par l’intermédiaire de ses quatre comédiens : deux hommes, deux femmes. Car, au-delà de la pratique que sait-on de la danse et, en particulier, du tango dont l’engouement ne faiblit pas ? Les habitués des salles de danse ont, ici, retrouvé un cadre familier : la piste centrale, lieu de démonstration où l’on découvre les bases et les postures de cette danse de salon très particulière. Et, autour de la piste, ce microcosme qui évolue et révèle les comportements habituels en ces lieux de rencontre : celle qui invite, celle qui attend d’être invitée, celle qui fait tapisserie après le premier essai, celui qui observe sans participer "oserai-je ou pas ?", "mais que suis-je venu faire dans cette galère ?"

Contact argentin

Mais ici, nuance ! Il s’agit du tango argentin et cela change bien des choses car, dans ce cas, le contact physique est tangible, les corps se mêlent, se touchent, résistent parfois pour permettre l’exécution de certaines figures. Les visages, surtout, sont très proches et cela crée une gêne difficile à surmonter et qui peut déstabiliser deux parfaits inconnus. La conscience du "soi" et du "non soi" est alors très présente et peut provoquer, selon le cas, attraction ou rejet, au gré des rencontres. Alors que cette danse, pleine de sensualité, procure un vrai bonheur aux couples déjà liés qui peuvent laisser leur corps communiquer et se suivre sans entraves. Cette activité peut occuper l’esprit au point d’envahir les rêves des protagonistes. Jusqu’au jeune comédien qui se voit, exécutant un tango avec un aspirateur, et qui nous en fait la démonstration cocasse avec une maestria époustouflante.

Le mot de la fin revient probablement à la jeune et talentueuse comédienne-danseuse qui reconnaît, le sourire ravi, avoir passé une magnifique soirée en imaginant que des gens, partout dans le monde, à Moscou New York ou Lisbonne, dansent en même temps (mais pas à la même heure, fuseaux horaires obligent). Elle suggère ainsi que la danse est un langage universel, une forme de communication magique et sans frontière.


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