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Le JPB > L'opinion > Tribune Libre 2008-02-19
Réponse d´un modeste citoyen au député européen Lamassoure

Jean-Pierre CARLIN | BIARRITZ

Dans une tribune libre du journal du 15.2.2008, M. Lamassoure "nous" interpelle.

Certes, n’est pas Henri Guaino qui veut, mais on ne saurait trop remercier M. le député pour cette harangue sur "socle" d’histoire ­ parfaitement illustrative de l’idéologie dominante. Outre leurs envolées, les développements sur les "principes", par leur franchise ou du moins leur spontanéité, nous permettent également de mieux comprendre, s’il en était besoin, que la participation de l’auteur à la rédaction du fameux projet de TCE a pu contribuer à l’échec de celui-ci...

Ceci étant, nous serons quelques-uns à refuser le "nous" du texte, insistant et impliquant. Nous tenant donc à distance non contaminante du discours, nous considérons tout de même que l’économie pouvait être faite de digressions recuites. Par ailleurs, il est plaisant d’observer que ce discours auto-illustre la formulation de la première phrase : "morceaux choisis d’une histoire interprétée (...) selon la mode du moment", jusqu’au "miroir déformant"! - Autocritique anticipée d’un expert, bien involontaire sans doute...

De ces "morceaux choisis", ... choisissons d’analyser la "farce" de la France qui "empile les privilèges": beau tour de passe-passe en matière d’égalité que de stigmatiser ces droits et autres garanties sociales et éducatives dont les plus modestes et les plus fragiles, essentiellement, sont les justes bénéficiaires, tout en évacuant le seul véritable privilège, parce que beaucoup dépend de lui, savoir le privilège de l’argent et du pouvoir qu’il procure ! ­ Parce que c’est "l’argent des autres", sans doute, l’argent de ceux dont la générosité et la solidarité ne sauraient être sollicitées ? ­ Au fait, en cette période de recrudescence des scandales financiers, qui sont ces "autres", jamais nommés ? - C’est une question incongrue pour notre censeur, parce que, tout comme les (rares !) réussites individuelles, les responsabilités sont tout aussi individuelles (la faute aux parents, aux enfants, etc.). Le recours à ces dernières, en guise de fraternité, conduit par un effet pervers ­ et notre idéologue y compte ­ à "une auto-acceptation des logiques de domination, si une redistribution radicale des richesses, des moyens culturels et des pouvoirs n’est pas engagée" (de Ph. Corcuff, autre idéologue ­ mais plus fraternel).

Et pour être plus complet (et en finir avec ce mot peu " politiquement correct"), qui sont ces idéologues d’un pétainisme renaissant, d’une "désorientation des consciences, désorientation dont Sarkozy est le nom", parce que "solennellement active à la tête de l’Etat" (ainsi que l’analyse le philosophe Alain Badiou) ?

Plus banalement, dans l’article, c’est un procédé éculé qui "nous" est resservi. Il consiste toujours ­ et avec quelque indécence - à nous culpabiliser, et d’abord les plus démunis d’entre nous, mais maintenant selon une nouvelle dialectique de la morale et de la politique : la prétendue crise de la première permettrait à Sarkozy de nous imposer, pour la seconde, sa "volonté de rupture" (A. Lamassoure), notre capitulation et notre servilité supposées entraînant "l’obéissance sans réserves aux exigences des potentats du capitalisme mondialisé" (A. Badiou).

Mais au risque de décevoir M.Lamassoure, "notre culture politique" déjouera ce mauvais coup : la résistance sociale des exploités, des opprimés conduira à la seule "rupture" acceptable, celle du partage des richesses.

Par ailleurs, s’il émaille son propos de considérations pseudo-historiques piquantes (un peu à l’instar du piment rouge de notre Pays Basque), on voit bien que, dans la répétition (pour conjurer le risque?), le polémiste a quelque crainte sur la réalité de la mort de Marx. Bougerait-il encore ? ­ Nous le laissons à sa vigilance de sentinelle.

Invités ensuite à un détour par "l’humour affectueux" des Britanniques, nous regrettons très vite d’avoir accepté ce répit trompeur, car c’est pour apprendre que "VGE a subi une exécution capitale, le 10.5.81"Š (Nous compatissons à la peine du disciple du ci-devant : on nous cache tout, même le nom du bourreau...Chirac ? Ah, les copains et les coquins !)

Mais au-delà de cette évocation éloquente de l’ancien régime, nous comprenons que M. Lamassoure, reconverti en porte-parole fidèle du président, veuille nous conditionner sur l’éternel retour du déclin moral pour en finir avec son dernier avatar: Mai 68, évidemment !

On doit lui signifier très nettement notre opposition à cette posture très "mode du moment". Aussi bien, depuis la "Révolution fondatrice" (de 1789) sur laquelle il fait une fixation, l’Histoire ne s’est pas arrêtée, quelques autres "valeurs fondatrices" se sont aussi invitées, souvent de force. Même s’il lui arrive de malmener événements et évolutions, il serait sage de sa part de ne pas ignorer les luttes, les résistances, les alternatives qui, de toute façon, sauront se passer de sa réflexion.

Plus que de la mort non confirmée de Marx, M. le député devrait s’inquiéter de la démarche de "nos intellectuels" qui se penchent sur la sortie du capitalisme, à l’instar de... Jaurès (auteur de référence de MM.Sarkozy et Guaino). Car comme le précise Ph. Corcuff déjà cité, "il revient aux gauches radicales et altermondialistes de relever le défi jaurésien dans la construction d’un nouveau parti anticapitaliste".

Mais pour l’instant, un peu de modestie, jointe à moins de mépris, lui permettrait peut-être d’entrevoir que "la volonté de rupture" qu’attendent les exploités et tout le peuple qui ne bénéficie pas des largesses du pouvoir ­ cela fait une majorité ­ exige une société de solidarité et de partage.

Cela n’est pas précisément la "rupture" que tente d’imposer Sarkozy...



Komunikazioaren ekintzaileei, ongi etorri!

Hedoi ETXARTE | GASTEIZ

Prebentzio gudaren garaian Ertzaintza Gasteizko Universal lokutegian sartu eta hiru lagun atxilotu ditu Grande Marlaskaren aginduz. Egun bat beranduago hiruak kalean dira, batek epaitegi aurrean aurkeztu beharko du astero. Atxiloketaren berria egunkarietako lerro-buruetan eta telebistako albistegietan izan da, kaleratzea zutabe ezkutuetan edo besterik gabe inon ez, komunikabideek herritar hauen ze irudi eman nahi duten jakingo dute. Epailearen salaketak Gerra Sainduaren aldeko mezuak mp3 eta CDetan batzen omen zituztela zioen. Ekintza burutu aurretik espetxeratzea ohitura judizial denean, norbanakoek jakin ez arren etorkizunean legea urratuko dute; epaileek eta segurtasun neurriek badakitenez: norbanakoak espetxeratzen dituzte. Neoconsen jokabide legal berria Europan ere zabaltzen hasia da beraz. Delitua burutu aurretik, egitasmoa izan baino lehen atxilotuak gara, txertoak bezala gaixotu aurretik. Orwelen ipuin hoberenetan bezala. Beraz ez ginateke justiziaren beldur izan behar, gure buruetan dugunak ikaratu beharko gintuzke. Demagun inork Front Nationalen webguneko bideoak ikusten dituela, agian hemendik urte batzuetara frontista bihurtuko da eta holokausto judua ukatuko duelako gaur bertan atxilotzea hobe lukete; etxean Braveheart filmaren bideoa izango balu norbaitek haren zuzendari Mel Gibson bezala katoliko tradizionalista izan daiteke etorkizunean, laikotasuna erasotuz; Marx irakurtzeak proletalgoaren diktaduretan gulagak egitera bultza dezake, edo ikasleak pragan hiltzera eraman; Bob Marley entzuteak kalamuaren trafikatzaile goren bihur dezake inor etzi; Carmina Burana entzuteak Polonia inbaditzeko gogoa eman.

Patxi Lazcoz alkatea Gasteizen irudiaz arduratu da atxilotzeen harira. Irudi txarra zuen batik bat Ertzaintzak Gasteizko euskaldunen artean, orain arabiar eta musulmanen artean ere badu. Komunikabide ugarik izua eta bortizkeria kanpotik datorkigula marrazten digute, eta halaxe da. Gasteizko Alde Zaharrean irribarrea da nagusi euskaldun, espainol, pakistaniar, aljeriar, saharauiar, senegaldar, ekuatoriar eta ginearren artean. Eta bortizkeria, zakurren zaunkak eta bultzadak Arkautetik etorri ziren alde zaharrera, kanpotik etorri da izua eta bortizkeria. Irribarrearen hiru ekintzaileak munduaren leihoak zabaltzen dizkigute haien lantokian: lokutegian. Hurrengo batean Marlaska eta ertzainek (zakurrak, kaskoak eta pistolak utzita) komunikazioaren aldeko gudari hauen langunea ikusi behar lukete, ohartuko lirateke nola esaterako Gasteizeko aljeriar hauek Balzari euskara erakutsi diezaioketen, zenbateraino dauden hirian errotuta. Antza ordea, Grande Marlaskak eta Arkauteko lagunek euskal herritar berri hauek zaharrak bezala tratatuz integratu nahi dituzte: bultzaka, kartzelaz, beldurrez.

Salam.


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