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Le JPB > Culture 2008-02-09
La mort du fondateur des Stones, Brian Jones, revisitée au cinéma

Dans la série des films présentés à Zinemaldia et jamais sortis sur nos écrans, la mort en eaux troubles de Brian Jones, fondateur des Rolling Stones, a été revisitée dans Stoned par le cinéaste britannique Stephen Woolley, qui écarte totalement la thèse de la mort accidentelle de cette figure mythique des Sixties. "Je suis convaincu qu’il a été assassiné et que sa mort ne doit rien à l’alcool et aux drogues", déclarait le metteur en scène en septembre 2005, lors de la présentation de son premier long-métrage dans une section parallèle du festival international du film de Saint-Sébastien. Brian Jones est mort noyé dans sa piscine dans la nuit du 2 au 3 juillet 1969, à l’âge de 27 ans. Une mort accidentelle sous l’influence de l’alcool et de la drogue, avait conclu l’enquête officielle. Mais Woolley, qui a "engagé des détectives privés pour interroger les personnes présentes cette nuit-là", affirme qu’il fut en réalité assassiné par Franck Thorogood, un maçon qui effectuait des travaux dans sa maison. Vingt-cinq ans après le décès de Brian Jones, Thorogood avait avoué le meurtre sur son lit de mort. La fiancée de Jones, Anna Wohlin, et une infirmière, Janet, étaient présentes le soir du drame. "Elles m’ont raconté la même version et qu’il n’y avait pas eu de fête ce soir-là", rapporte le réalisateur, qui a retrouvé ces deux témoins disparus depuis des années. Stoned, premier film de Woolley, plus connu comme producteur de réalisateurs tels que Neil Jordan, tente de reconstruire la vie tourmentée du fondateur des Rolling Stones, qui fut ami de Bob Dylan et de Jimmy Hendrix. Multi-instrumentiste de génie au caractère difficile, arrangeur, c’est lui qui trouva le nom du groupe, inspiré d’une chanson de Muddy Waters, Rollin’ Stone blues. Mais il plongea rapidement dans les drogues hallucinogènes, multipliant les démêlés avec la justice, pour finir expulsé par Mick Jagger et Keith Richards. Le film parle aussi du choc de deux mondes. "Franck Throgood incarne le Royaume-Uni de l’époque, la vie réelle, alors que Jones est en première ligne de l’explosion innovatrice de ces années-là", explique Wolley. "C’est une sorte d’amour-haine entre deux pôles qui s’attirent". Jones est incarné à l’écran par l’acteur Leo Gregory. "Tout le monde connaît les morts tragiques de Jimmy Hendrix ou de Janis Joplin, mais pas celle-là", a confié l’acteur. Le film défile sur un rythme très "sexe, drogues et Rock’n Roll". La bande sonore joue un grand rôle. Mais curieusement, aucun titre des Stones, pour qui Jones n’a d’ailleurs jamais écrit un morceau. "J’ai préféré choisir la musique qu’il jouait ou qui l’inspirait", explique le metteur en scène : standards de Robert Johnson comme Love in vain ou Stop breaking down, Ballad of a thin man de Bob Dylan, Not fade away de Buddy HollyŠ Ni Woolley ni Gregory n’ont parlé à aucun membre des Rolling Stones. "C’est un film sur Brian Jones, pas sur les Stones. Si l’énorme compagnie qu’ils sont aujourd’hui avait pris part à ce projet, cela aurait fait leur jeu et je ne le souhaitais pas", explique Wolley.


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