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Le JPB > Sujet à la une 2008-02-08
Le carnaval de Bayonne dans les primaires
·L’un des derniers festivals du Pays Basque nord se célèbre cette année du 14 au 16 février sur le thème du Bleu

Le Carnaval de Bayonne plonge cette année dans les primaires.D’abord en renouant avec cette fête éminemment païenne, censée autoriser les transgressions sous l’alibi du masque.Ensuite parce que cette année, le Comité des fêtes a choisi d’annoncer la couleur en choisissant pour thème général le bleu. Une couleur primaire qui servira de bannière à la créativité et, sans flatter le teint, permet d’ouvrir le champ de l’inventivité. En cette année de cinquantenaire de la création des schtroumpfs, la figure imposée ouvre au moins de bleus horizons, bien plus profonds que les sujets proposés les années précédentes, à savoir le "Safari" ou "les Gaulois" dont on attendait cette année une trilogie étriquée comme le symptôme, quarante ans après Mai 68, d’une non-imagination au pouvoir. Pas de soirée infirmière donc, mais une carte blanche poétique à la note bleue. Enfin, à quelques jours des élections municipales, "cette fête du renouveau et du printemps" aura sans doute une "saveur particulière" a annoncé l’élu bayonnais Aitor Arandia, lequel espère, en sa qualité de président de l’Office du tourisme et vice-président de la commission culture et animation, des "choses nouvelles cette année", à la lueur de ce "renouveau municipal" et printanier.Une lueur bleue bien plus dense qu’il n’y paraît donc, genre élections primaires bleu-UMP qui risque de passer l’hiver, même si le candidat Jean Grenet se défend de faire campagne pour son parti en jouant le blues du Parti Radical.Dommage pour les déguisements en paquets de clopes blanc et rouge qui prévenaient, il y a deux ans, sous l’intitulé "Malbarré", que "voter UMP nuit gravement à l’avenir de nos enfants". Les opposants au maire de Bayonne devront passer aux gauloises bleues, fussent-ils abertzale. Pour le reste, les panneaux bleus sont formels : "obligation, de tourner à droite".Mais puisqu’il s’agit de transgresser, tous les bleus seront dans la nature, et pas seulement le bleu roi. Comme semble le suggérer l’affiche réalisée par l’agence Haritza, dans un genre de cyclope diabolique façon "bleu comme l’enfer", tout est permis.Les conditions parfaites pour une "manifestation très aboutie" promet Aitor Arandia, paré pour la fête et dûment costumé par l’année médiatique écoulée.

Les nostalgiques, pourront ressortir avantageusement les bleus de travail qui seyaient lors d’antiques fêtes de Bayonne.Pour les sportifs, l’intérêt est double puisque les supporteurs de l’Aviron bayonnais encourageront leur équipe qui rencontrera le samedi 16 février Montauban au stade Jean Dauger et participeront au carnaval dans la même teinte.Le match de rugby est d’ailleurs inclus dans le programme officiel du carnaval et les organisateurs comptent sur les 14022 bleu et blanc pour se joindre aux fêtes de rue, pavées de bonne intentions façon Lapis-lazuli. Sous ces auspices indigo, l’office de tourisme entend également célébrer la couleur du troisième âge en corsant le programme des aînés qui participeront à un repas costumé le jeudi 14 février, et à la grande cavalcade du samedi suivant. Dans ce registre fleur bleue si peu contraignant, les organisateurs ont largement fédéré les écoles de Bayonne qui du primaire à la maternelle, déploieront quelque 2400 bambins dans les rues.Une déferlante de grande bleue que les organisateurs espèrent voir grossir cette année en misant sur 20 000 à 30 000 personnes dans les rues de Bayonne le samedi après-midi. "Pas facile, concède le directeur de l’office du tourisme, Benoît Baratchart, puisqu’il n’y a pas de tradition carnavalesque à Bayonne".Mais depuis six ans que l’association du petit Bayonne a passé la main pour organiser la manifestation, le carnaval cherche sa formule idéale pour séduire de nouveaux participants, qu’un vocabulaire militaire qualifierait fort justement de bleusaille. Pour ce faire, de nombreuses animations, comme la cavalcade, ont lieu plus tôt et les rencontres de quartiers ont été favorisées. Dans ce flot bleu, le président d’Orai bat, Iñaki Seruda, espère glisser une "goutte de culture", histoire de rappeler la tradition carnavalesque, à grand renfort de Joaldun, de danses bas-navarraises et labourdines. Une goutte de sens dans un pays de cocagne triomphant qui sera constitué au tout-venant de la fameuse perruque bleu-carnaval et pourquoi pas de train bleu, de compteur EDF, de bouchon d’eau, de ventrebleu, d’écran bleu erreur fatale, de steak bleu, de langue bleue, de Krishna, de peur bleue, d’azulejos, de maux bleus, de Radio France Pays Basque et pour les plus pêchus, d’anthropométries bleues, ces performances d’Yves Klein qui consistaient à tremper des femmes à poil comme des pinceaux dans le bleu intense qu’il avait inventé pour que leurs formes impriment ensuite des surfaces vierges.Il faut parfois oser pour rameuter les foules dans la même fête transgressive, fût-elle constituée d’ingénus bleu-bites.



La renaissance du carnaval labourdin
A l’aube des années 80, les Ihauteriak, carnavals labourdins, ont connu un regain sans précédent. Dès 1969, deux figures emblématiques des traditions basques, Pierrot Gil et Betti Bettelu, membres de l’Association Begiraleak de Saint-Jean-de-Luz et de l’Euskal Dantzarien Biltzarra, ont réalisé une investigation ethno-folkorique pointue par laquelle, ils ont pu et su réhabiliter tant les mutxikoak et jauziak que le contexte dans lequel ces danses se pratiquaient. C’est ainsi que les Ihauteriak ont repris place dans le calendrier des traditions séculaires et printanières.

De par ce travail de fond, les symboliques, personnages et costumes les plus représentatifs de ce rite animiste ont ressuscité : Hartza, Zirtzil et Pompierrak, Joaldun, Sorgiñak et leur amant de toujours Akerra se retrouvent maintenant naturellement autour des bûchers purificateurs qui illuminent tout le mois de février.

Mais que serait le travail de recherche sans la transmission ? Dès 1981, de nombreuses associations menées par de jeunes adultes ont pris le relais pour perpétuer les habitudes des rituels propres à leurs villages. Des Associations spécialisées (Donibane Ziburuko Ihauteriak, Altxa Lili) ou des Gaztetxe naissent un peu partout et s’organisent pour régler son compte à Zan Pantzar en dénonçant publiquement vices et méfaits de l’année passée. La jeunesse voit ici un créneau de liberté où la censure des mots et des comportements n’ont pas lieu d’être. Bénévoles et acteurs culturels y font savoir leur volonté de maintenir leurs traditions, convaincus de l’importance de tels rites dans l’évolution d’une société qu’ils sentent à la dérive.

Au même moment, les classes des écoles bilingues et des ikastola se développaient et se joignaient au mouvement en incluant la manifestation dans leurs programmes scolaires. Les élèves réalisent alors les premiers défilés au cours desquels ils exhibent les costumes confectionnés pour l’occasion. Ils tentent d’habituer les néophytes à ces accoutrements et de mobiliser des spectateurs à l’oisiveté encore aujourd’hui consternante.

Dans la vie culturelle, les générations se suivent et se ressemblent. Derrière les masques, il n’est pas rare de retrouver le père, la mère, les frères et les s¦urs des précédents et des futurs organisateurs. Le relais se passe savamment de bénévoles en danseurs, de zirtzil en coordinateurs. Ces derniers sont souvent appelés à se plier aux impératifs de la réglementation actuelle en matière de sécurité, d’arrêtés préfectoraux et d’autorisations municipales. Arrangement souvent douloureux pour les organisateurs, conscients tant du caractère nécessairement anarchique des Ihauteriak que du risque de récupération de cette fête par les municipalités tentées de chapoter et de polir l’événement, quitte à en perdre le ressenti originel.

En ce XXIe siècle, chaque commune organise malgré tout son événement en bonne et due forme, rassemblant des centaines d’aficionados, passionnés et croyant réellement au bien-fondé de la tradition et de ses repères pour construire l’avenir. La culture et les Ihauteriak ne pouvaient rendre un plus bel hommage à Pierrot Gil et Betti Bettelu.



Bidart voit carnaval en grand

Cette année, la ville de Bidart organise un carnaval pluriculturel sur la place, ce samedi 16 février avec comme groupe phare Lait Yaourt Brothers.

Un groupe très rock’n roll, venu de Toulouse qui permettra à tous les habitants de danser et de chanter sur des airs mêlant guitare, banjo, harmonica, percussions, kazoo et trompettes en plastique.Avec en prime les "Sisters", nouvelles arrivantes dans la famille.Au menu : buffet de music-hall loufoque et aérien, brochette de chansons allant de Bobby Lapointe à Elvis en passant par des compositions originales arrosées au yaourt.Mais la nouveauté de l’année vient de l’association BIZ qui organise une soirée déguisée à partir de 21h sous chapiteau, avec au programme, les concerts gratuits du groupe de reprises Rock Old School et de Bidada Sound Crew, sound system local. Seront également de la fête, les gaitero d’Ustaritz, les groupes Ttipitto Banda, Ram-Dam (batucada) et Txikan (percussions et danses africaines), les ateliers des clowns ainsi que les danseurs de Xinkako et Goiz Argi qui, comme chaque année, escorteront Zan Pantzar durant la cavalcade et avant leur spectacle.

"Cette nouvelle édition de carnaval nous permettra de découvrir des sonorités venues d’ailleurs, Brésil, Afrique qui compléteront le cortège traditionnel de Zan Pantzar. Lait Yaourt Brothers juchés sur leurs échasses ne passeront pas inaperçus" précise Bernard Bastres, adjoint à la culture.


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