Délinquances en baisse
·Le préfet a présenté le bilan annuel avec une baisse de 17% de la délinquance de voie publique et de 10% des violences aux personnes
Si les indicateurs de la délinquance proposés par la préfecture montrent une légère hausse dans le département, ceux du Pays Basque sont à la baisse. Le préfet et le sous-préfet, aux côtés du procureur de Bayonne et des responsables de la police et de la gendarmerie ont présenté un bilan annuel de la délinquance où celle-ci diminue de 5,20%, passant de 14103 faits constatés en 2006 à 13371 en 2007. Néanmoins, le "taux de criminalité" est plus élevé au Pays Basque que dans le département (49,13 infractions pour 1000 habitants contre 44,95). La présence policière également avec un policier pour 418 habitants, hors renforts saisonniers et deux demi-compagnies de CRS. En Béarn c’est 1 pour 506. Ce "taux de criminalité" important s’explique, selon que les autorités de l’Etat, par "l’afflux massif d’estivants sur la côte". Les pics de délinquance sont ainsi enregistrés de juin à septembre. "Ces quatre mois c’est 50% de la délinquance annuelle" résume le commissaire central de Bayonne M.Esson.Le préfet Marc Cabane s’est particulièrement réjoui "d’une baisse de 17,1%, sans précédent, de la délinquance de voie publique, celle qui est la plus visible (vols, cambriolages, dégradations)". Signes d’une relative tranquillité de la région, le commissaire a souligné que sur une densité de population importante il n’y avait qu’un vol à main armée et une absence quasi totale de "violences urbaines" (5 ou 6 incendies de véhicules), et jamais de prise à partie dans leurs interventions. Dans le domaine des violences aux personnes, si elles augmentent chaque année dans le Département, elles diminuent de 10% au Pays Basque. M.Cabane a rappelé les termes du débat relatif aux violences intrafamiliales ("celles-ci augmentent-elles réellement ou sont-elles mieux poursuivies car un tabou a sauté?"), et pointé la hausse "des violences non crapuleuses, non acquisitives", en clair des bagarres, en lien avec l’alcoolisation. Les violences contre les personnes se concentrent en zone police (87%) mais la proportion augmente en zone gendarmerie. Le capitaine Frédéric Viot, commandant en 2e de la Gendarmerie de Bayonne y voit une illustration du phénomène de "rurbanisation": la population augmente en périphérie d’agglomération (aux conditions d’habitation moins onéreuses), et par voie de conséquence les infractions également. "C’est un phénomène mesuré mais continu."
Délinquance en col blanc invisible
Les statistiques présentées ne font en revanche pas apparaître la délinquance dite "en col blanc". Délinquance économique, fraudes à l’Urssaf, CPAM (comme la retentissante affaire de la pharmacie de Bayonne), travail dissimulé, recours aux sans-papiers,... "c’est vrai qu’on n’en parle pas, reconnaît le procureur en partance Patrice Michel, mais ça existe". Il précise que la police judiciaire de Bayonne a une section financière et que sur les 7 magistrats du Parquet, un vice-procureur a en charge le service financier. Le tiers des affaires lancées par le Parquet (90 informations judiciaires par an) relève de délits économiques et financiers.Pour sa part, le préfet a de nouveau plaidé, en phase avec les desiderata de la ministre de l’Intérieur MAM, en faveur du développement de la vidéosurveillance, "un outil fort", qui "ne fait pas disparaître la délinquance, mais est un facteur de dissuasion et facilite l’intervention"; tout en soulignant "le retard considérable" pris sur la Grande-Bretagne qui "n’est pas une société liberticide". Ainsi "le centre-ville de Bayonne mériterait" un tel dispositif. "Biarritz aussi" souffle une responsable de la sécurité publique.
Quant aux taux d’élucidations, les autorités ont relevé quelques affaires marquantes en 2007: l’auteur de 24 vols sur personnes âgées arrêté sur Anglet en début d’année, en avril l’interpellation de 3 auteurs de 20 cambriolages sur la Côte, l’auteur de 40 vols pendant les Fêtes de Bayonne interpellé en août, celle d’un voleur d’horodateurs luziens interpellé en mars, l’auteur de l’incendie de la criée de Ciboure, ou encore l’interpellation à Lorient et à Orléans d’auteurs présumés de viols durant les fêtes de Bayonne en 2006.
"Les affaires basques" vues de la préfecture
"L’année 2007 a connu un regain d’activité du
nationalisme radical qui s’est exprimé de façon de plus en plus violente
essentiellement axé dans la lutte contre la spéculation immobilière. Ces actions
sont en nette augmentation (18 actions violentes en 2007 contre 3 en 2006) et
s’étendent sur la région de la Soule, jusqu’alors épargnée. Si des biens
immobiliers ont été principalement la cible des radicaux, entraînant parfois la
destruction complète de résidences secondaires et des véhicules, l’apogée de
cette violence s’est concrétisée lors de la manifestation de
St-Jean-Pied-de-Port le 15 décembre 2007. Cette manifestation de soutien aux
individus incarcérés au mois de septembre dans le cadre des enquêtes de
tentatives d’attentats contre le complexe Ostape à Bidarray, a dégénéré en
affrontement direct avec les forces mobiles. Les manifestations de voie publique
de soutien aux prisonniers basques et de lutte contre la spéculation immobilière
qui ont pris le pas sur celle de la défense de la langue basque, se sont
poursuivies régulièrement tout au long de l’année. » Nous reproduisons
intégralement le chapitre "affaires basques" du rapport de la préfecture sur le
bilan annuel de la délinquance 2007. Que le préfet corrige aussitôt en son
dernier paragraphe, en précisant bien que les manifestations en faveur de la
langue basque n’ont pas à y figurer. Et Marc Cabane de préciser bien entendu que
le droit de manifestation existe, et que lors de toutes les manifestations
organisées par Askatasuna [comité de soutien aux prisonniers basques], qu’il
cite, les forces de l’ordre n’interviennent pas. Mais il insiste que "dans
quelques cas il y a des manifestations dont le but est violent, en lien avec la
calle borroka". le procureur a quant à lui haussé du menton en avertissant que
"la réponse pénale sera immédiate, à la hauteur des événements". Avec une
allusion à la manif d’ELB de St-Palais. C’était déjà en 2008.
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