Convention pour sortir des eaux troubles
·Le pompage et le traitement des eaux usées des Joncaux, de Béhobie et Biriatou se fera à la station d’Hondarribia
"Par une heureuse alliance [ils] mirent fin à une longue guerre entre les deux nations". C’est de Philippe IV et de Louis XIV qu’il s’agit. Et c’est sous cette même mention du monument de l’île aux faisans que le président de la Communauté des communes du Sud Pays Basque, et celui de la Mancomunidad de Txingudi (regroupant Irun et Hondarrabia) ont paraphé hier une convention en matière d’assainissement des eaux usées. Jose Antonio Santano, maire d’Irun et président de la Mancomunidad admet volontiers qu’il y a des infrastructures aux enjeux plus importants, mais il insiste sur ce "symbole particulier". Certes ce n’est pas le traité des Pyrénées de 1639 mettant fin à la guerre de Trente ans, une façon d’affirmer que "cette Bidassoa qui a été une frontière, c’est ce même fleuve et sa sauvegarde qui nous rassemblent" a indiqué Michel Hiriart, maire de Biriatou et président de la structure réunissant 12 communes labourdines.
L’été prochain, les eaux usées de Biriatou, Béhobie et Hendaye ne seront plus rejetées dans la Bidassoa. Par cette convention dont la demande par la mairie d’Hendaye date de 2004, et l’autorisation préfectorale de 2005 le réseau de récolte et d’acheminement des eaux usées sera connecté à celui d’Hondarribia. Pour ce faire, 700000 euros seront investis (dont 40% par le Conseil général et l’Agence de l’eau) pour la création en lieu et place de la station d’épuration devenue hors normes des Joncaux, d’un bassin de rétention avec refoulement des eaux usées vers la station d’épuration d’Hondarribia (à Atalerreka, à la pointe du Jaizkibel). Ainsi que pour 140000 euros (à charge de la Communauté des communes sud Pays Basque) le redimensionnement de la station de pompage des eaux résiduelles de Béhobie. Ensuite, durant 10 ans (renouvelables une fois), les communes du nord paieront à la Mancommunidad représentant 80000 habitants, 0,5610¤ du m3 d’eau usée traitée pour environ les 270000 m3 par an du bassin de 5000 habitants.
Nombre de maires étaient présents, avec pas mal de discussions sur les échéances électorales à venir: Jean-Louis Laduche d’Ascain, non loin du député Daniel Poulou qui part sur une liste concurrente, Jean Aniotzbehere de Sare, Albert Larrousset de Guéthary, Kotte Ecenarro d’Hendaye,... mais aussi le jeune maire d’Hondarribia Aitor Kerejeta, le sous-préfet Eric Morvan, et des militaires... Car une certaine pompe a entouré la signature de la convention qui a amené tout ce petit monde (journalistes compris) en deux navettes fluviales escortées par deux zodiacs, l’un de la marine espagnole et l’autre de la marine française.
Depuis le premier février, le titre de vice-roi de l’île des faisans est passé du capitaine de frégate Christian de la Broise commandant de la Base navale de Bayonne, au capitaine de frégate Fernando Martin Paz commandant de la Ayudantia naval de Saint-Sébastien. La souveraineté sur ce morceau de terre passe, depuis des siècles, tous les six mois des autorités navales espagnoles aux françaises. Peut-être le plus petit condominium du monde.
Après le traité des Pyrénées, la construction du monolithe par "Isabelle II reine des Espagnes et Napoléon III" en 1861, une nouvelle cérémonie sous le franquisme pour le tricentenaire en 1959, les Démos et Zuzen y affirmant leur engagement pour la désobéissance civile au début des années 2000, place à la diplomatie des eaux usées.
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