Le Petit Théâtre de Pain décline à partir de vendredi sa nouvelle proposition. La pas si petite troupe avec ses 12 collaborateurs défie une nouvelle fois les règles de l’art. Ce sera une règle de trois à la sauce euskarienne. Le PTDP présentera en Garazi, Baigorri et Oztibarre trois pièces qu’il a préparées lors de résidences d’artistes en ce début d’année à Ostabat avec l’association Haize Berri, à Anhaux avec Garazikus et aux Aldudes avec Garazikus et Kanaldude. Trois créations.
Juglarea, puta eta eroa ("Le bouffon, la pute et le fou") est une adaptation de trois contes du dramaturge italien, si peu dramatique et tant satirique, Dario Fo. C’est Ximun Fuchs qui interprétera les trois récits du prix Nobel de littérature engagé et les trois personnages en adoptant un dialecte particulier pour ces trois figures sociales: le xiberotar pour le fou, le gipuzkoan pour la prostituée et le bas-navarrais pour le bouffon.
Tartean ("Le sas") interprété par Fafiole Palassio est une adaptation du travail de l’écrivain français Michel Azama. Ce dernier avait travaillé 8h par jour durant 15 jours avec 12 prisonnières de la maison d’arrêt de Rennes pour créer en 1986 ce monologue traduit en basque par la bertsulari Miren Artetxe et par l’animateur et acteur Iñaki Etxeleku. Une pièce pleine de "réalisme et de dureté" mais aussi "de poésie" selon l’actrice F.Palassio.
Aulki husta ("La chaise vide") enfin, est la mise sur planche d’un texte de l’écrivain basque en cavale Joseba Sarrionandia. Manex Fuchs et Battitt Elissalde interpréteront cette adaptation mise en scène par Ander Lipus. A travers les dialogues de deux récupérateurs de vieux journaux (dont un bohémien) le récit aborde avec poésie les questions de l’exil, l’emprisonnement ou la torture.
Chaque soir les pièces seront représentées simultanément dans trois endroits différents. Mieux, les lieux de représentation déserteront les lieux de diffusion théâtrale convenus. Les cafés et gaztetxe seront des espaces qui auront la prédilection du PTDP. Et l’on retrouve là la conception d’un "théâtre populaire" défendu par la troupe: "pour nous, il s’agit de ne pas laisser indifférent, quel que soit le personnage interprété" explique Manex Fuchs. La proximité physique des acteurs et des spectateurs est une des façons d’y parvenir.
Les créations du Petit Théâtre de Pain seront en circulation sur trois provinces jusqu’au mois d’avril. Labourd, Basse-Navarre et Gipuzkoa, avec une représentation à Donostia le 24 avril. Une règle de trois qui ne cesse de surprendre.