5 février 1903 il y a 105 ans :
Fondation d’un syndicat jaune : Ici, comme ailleurs, les ouvriers ont fini par reconnaître l’avantage qu’il y avait pour eux à se séparer de ces syndicats de désordre où ne pullulent que des gens qui font partie de ce qu’on appelle "les détritus de la société" Fatigués de voir l’administration des "rouges" où les cotisations tombent dans une caisse sans fonds, et constamment harcelés par les man¦uvres perfides des fomenteurs de la grève qui ne cherchent qu’à englober et maintenir le prolétariat sous le joug du collectivisme, nos camarades ont voulu recouvrer cette chère liberté qu’on leur avait odieusement ravie. A cet effet une réunion d’ouvriers boulangers a eu lieu afin de procéder à la fondation d’un syndicat libre et d’union entre employeurs et employés, si vous aimez mieux : d’un "syndicat jaune". Une délégation du "syndicat jaune" des Forges de l’Adour s’est rendue sur les lieux pour prêter son concours à cette belle et noble institution. M. Perse, président du syndicat des Forges a fait ressortir les avantages qu’il y a à se rallier sous les plis d’un drapeau où la principale devise est "Paix, union et travail". Il s’est efforcé de démonter les suites funestes de l’¦uvre de nos antagonistes qui commettent la grave faute de diviser en deux le monde du travail, patrons et ouvriers, alors que ces deux classes devraient toujours marcher la main dans la main, comme deux frères d’une même famille ; ils rendent l’ouvrier malheureux ajoute-t-il, en engendrant chez eux les convoitises et par là excitent des haines en donnant lieu à des dissensions.
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