C’est aujourd’hui que démarre au Sénat l’examen, en séance publique, du projet de loi sur les OGM. L’occasion pour les militants du Pays Basque d’interpeller leurs parlementaires et notamment le sénateur-maire de Biarritz Didier Borotra pour qu’il participe par son vote "à garantir le droit de produire et de consommer sans OGM".
"Nous voulons que Didier Borotra soit au Sénat demain [aujourd’hui, ndlr]. Lui qui est maire d’une ville garante d’un riche patrimoine, notamment gastronomique, veut-il assurer que l’alimentation de ses concitoyens soit de qualité sans OGM ?", a interrogé Juliette Bergouignan, membre du collectif.
Elle a eu en partie la réponse quelques minutes plus tard quand les représentants du collectif, venus rencontrer l’élu en mairie de Biarritz, ont appris que ce dernier était certes à Paris mais que son retour était prévu hier soir. Les militants espéraient que leurs doléances, qui devaient être transmises par le directeur de cabinet du maire, convainquent le sénateur de rester dans la capitale française.
"Nous invitons Didier Borotra mais aussi les députés Jean Grenet et Daniel Poulou, qui ne nous ont pas répondu pour l’instant, à rencontrer Bernard Poey, paysan bio dont les parcelles ont été contaminées par un champ de maïs OGM", a lancé Jon Harlouchet, autre responsable d’Alerte OGM.
Le cas de cet agriculteur illustre les lacunes du projet de loi sur les OGM selon les militants. "Si le texte qui va être étudié avait été en vigueur, Bernard Poey n’aurait été aucunement indemnisé pour les dommages subis. En effet, la loi fixe le seuil de contamination, donc d’indemnisation, à 0,9% d’OGM, un niveau politique qui n’a aucune base scientifique, alors qu’en agriculture biologique, nous sommes déclassés dès que l’on dépasse 0,01% d’OGM soit le seuil de détection", a fait remarquer Jon Harlouchet.
Autre point du projet de loi critiqué par le collectif, le principe d’une coexistence possible entre cultures OGM et non OGM. "Les scientifiques s’accordent sur le fait que la dissémination n’est pas contrôlable", a contre-attaqué Jon Harlouchet. Enfin, le collectif a dénoncé l’absence d’avancées pour un étiquetage clair des aliments contenant des OGM.
Les anti-OGM ont travaillé à la rédaction d’amendements "afin que la loi garantisse le droit de produire et de consommer sans OGM". Ils les ont présentés à la sénatrice PS Annie Jarraud-Vergnolle et au député MoDem Jean Lassalle qui ont accepté de recevoir le collectif et d’agir dans son sens.
"Borotra, Grenet et Poulou n’ont pas souhaité nous répondre. Vont-ils annoncer à leurs électeurs qu’ils sont pour les OGM?", a questionné Juliette Bergouignan.
Le collectif s’apprête également à solliciter l’ensemble des candidats aux cantonales et à rendre publique leur position. De même, il suggère aux habitants de chaque commune d’interpeller les candidats aux municipales pour savoir s’ils seraient prêts à apposer un panneau "Ici pas de culture OGM" à l’entrée de leur commune.